La préférence pour la sociabilité

Le Téléthon propose de manière récurrente de courtes séquences en duplex mettant en scène les manifestations de ce que les organisateurs appellent la « force T » qui, sur l’ensemble du territoire, organise des mobilisations locales. Un des éléments centraux de ces mobilisations est qu’elles s’ac...

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Auteur principal: Heurtin, Jean-Philippe
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2008
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spelling cairn-RDM_032_0285RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2008-2-page-285?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.032.0285 La préférence pour la sociabilité Heurtin, Jean-Philippe2008 fre Revue du MAUSS | 32 | 2 | 2008-11-04 | p. 285-302 | 1247-4819 RDM_03257 Le Téléthon propose de manière récurrente de courtes séquences en duplex mettant en scène les manifestations de ce que les organisateurs appellent la « force T » qui, sur l’ensemble du territoire, organise des mobilisations locales. Un des éléments centraux de ces mobilisations est qu’elles s’accompagnent d’un intense partage d’émotions, au premier rang desquelles figure l’enthousiasme. En formalisant cette passion au travers des philosophies, notamment anglaise, du XVIIe siècle, il est possible de voir un certain nombre de phénomènes sur lesquels l’analyse classique des mobilisations reste aveugle. On est conduit ainsi à porter le regard sur la sociabilité qui se tisse dans le cours de la mobilisation, non pas tant comme une précondition que comme le fond sur lequel se déploie une émotion collective. On comprend également que cette coordination passant par le partage de l’émotion reste très largement extérieure à la cause qui est le motif de la mobilisation. La valeur qui est ici en jeu n’est pas d’abord celle de la « solidarité » (avec les malades), mais celle de l’association de tous (malades, bien-portants, chercheurs, quidams, journalistes, animateurs, etc.). Ou pour mieux le dire : celle de la sociabilité même.The preference for sociability The Telethon proposes in a recurring way some short sequences in duplex staging the demonstrations of what the organizers call « the force T » which, on the whole territory, organizes local mobilizations. One of the central elements of these mobilizations is that they are accompanied by an intense sharing of emotions, in the forefront of which appears enthusiasm. By formalizing this passion through philosophies, in particular the seventeenth century English one, it is possible to see a number of phenomena on which the traditional analysis of the mobilizations remains blind. One is thus led to carry the glance on the sociability which is woven in the course of the mobilization, not so much like a pre-condition, but as the very bottom on which a collective emotion is displayed. One understands also that this coordination getting through the sharing of an emotion remains very largely external with the cause which is the reason of the mobilization. The value which is concerned here is not initially that of « solidarity » (with the patients), but that of the association of all (sick people, people in good health, researchers, « quidams », journalists, organizers, etc.). Or, to say it better : that of the very sociability.Cairn free access
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