L'animal est-il un homme politique ?

Dès l’Antiquité grecque, la référence au monde animal occupe une place centrale dans l’analyse et la constitution du savoir politique. Platon dans le Politique, un dialogue postérieur à La République, fait un parallèle entre les activités du pasteur et celles du philosophe-roi présidant aux desti...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Tonnet, Alain
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2008
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Dès l’Antiquité grecque, la référence au monde animal occupe une place centrale dans l’analyse et la constitution du savoir politique. Platon dans le Politique, un dialogue postérieur à La République, fait un parallèle entre les activités du pasteur et celles du philosophe-roi présidant aux destinées de la cité idéale. Aristote, en naturaliste, s’intéresse peu aux mœurs pastorales, il décrit et tente d’interpréter le comportement des animaux en général et des animaux sociaux en particulier. Ses recherches le conduisent à catégoriser l’homme dans une petite niche qu’il dénomme « animaux politiques », où figurent également l’abeille, la guêpe, la fourmi et la grue. Dans Les Politiques, il n’hésite pas à mettre sur le même pied l’abeille et l’homme. Ces deux approches peuvent être vues rétrospectivement comme organisant nombre de réflexions de philosophie politique. La vision pastorale suggérée par Platon au début du Politique est envisagée aujourd’hui par Peter Sloterdijk comme le grand refoulé de l’inconscient politique contemporain. Des variations sur ce thème animalier du bonheur à la ferme ont déjà été proposées par George Orwell et l’on peut également être tenté de lire les penseurs de l’ère préindustrielle qu’ont été Bernard de Mandeville ou Joseph Townsend dans la lignée des considérations platoniciennes. Pour diverses raisons, il est plus difficile de trouver des héritiers intellectuels aux théories politiques d’Aristote, mais peut-être faut-il chercher en dehors de la philosophie politique. Si l’on s’intéresse aux naturalistes, on peut confronter à titre illustratif la vision de l’essaim d’abeilles proposée par Louis Bouvier dans Le Communisme chez les insectes à celle de l’essaim individualiste, jouisseur et politiquement libéral qui a été développée par Bernard de Mandeville.