Une égalité sans équivalence. Pour une anthropologie du commun
Cet article propose d’élaborer une conception amazonienne du commun et de penser le défi que pose cette dernière à la pensée occidentale sur l’individualisme et l’égalité. Il y est suggéré qu’un certain nombre de traits distinctifs de la socialité amazonienne urarina pourrait trouver leur origine da...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2023
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RDM1_061_0167RDM1Revue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss1-2023-1-page-167?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm1.061.0167 Une égalité sans équivalence. Pour une anthropologie du commun Walker, Harry2023 fre Revue du MAUSS | 61 | 1 | 2023-05-31 | p. 167-198 | 1247-4819 RDM1_06197 Cet article propose d’élaborer une conception amazonienne du commun et de penser le défi que pose cette dernière à la pensée occidentale sur l’individualisme et l’égalité. Il y est suggéré qu’un certain nombre de traits distinctifs de la socialité amazonienne urarina pourrait trouver leur origine dans un refus partagé des facteurs qui donnent lieu à des relations d’équivalence entre les gens. Ce type de singularisme, ou « d’individualisme sans individus », résulte d’une conception du commun comme ressource collective antithétique de la propriété, dans laquelle la subjectivité est façonnée plus largement en relation avec des ressources écologiques et affectives que produite collectivement et continuellement. Cela inclut non seulement les ressources économiques partagées, tels que la terre ou les animaux, mais aussi des manières d’organiser et de produire des relations affectives, cognitives et linguistiques, des « communs » de formes variées qui ne réduisent jamais les différences à un sujet abstrait, tel que celui que la figure de l’individu dans le libéralisme ou celle du collectif dans le socialisme.This article elaborates an Amazonian conception of the common and the challenge it poses to Western thinking about individualism and equality. It is suggested that a number of distinctive features of Amazonian Urarina sociality may have their basis in a shared refusal of factors that give rise to relations of equivalence between people. This kind of singularism, or « individualism without individuals », results from an orientation to the common as a collective resource that is antithetical to property, in which subjectivity is shaped in relation to wider ecological and affective resources that are continuously and collectively produced. This embraces not only shared economic resources, such as land or game animals, but also ways of organizing and producing affective, cognitive, and linguistic relations, « commonalities » of various kinds which never reduce differences to an abstract subject, such as the individual of liberalism or the collective of socialism.Cairn restricted access |
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Cet article propose d’élaborer une conception amazonienne du commun et de penser le défi que pose cette dernière à la pensée occidentale sur l’individualisme et l’égalité. Il y est suggéré qu’un certain nombre de traits distinctifs de la socialité amazonienne urarina pourrait trouver leur origine dans un refus partagé des facteurs qui donnent lieu à des relations d’équivalence entre les gens. Ce type de singularisme, ou « d’individualisme sans individus », résulte d’une conception du commun comme ressource collective antithétique de la propriété, dans laquelle la subjectivité est façonnée plus largement en relation avec des ressources écologiques et affectives que produite collectivement et continuellement. Cela inclut non seulement les ressources économiques partagées, tels que la terre ou les animaux, mais aussi des manières d’organiser et de produire des relations affectives, cognitives et linguistiques, des « communs » de formes variées qui ne réduisent jamais les différences à un sujet abstrait, tel que celui que la figure de l’individu dans le libéralisme ou celle du collectif dans le socialisme. |
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