« Décoloniser » la Théorie critique ? Une hypothèse de travail sur Adorno et la decolonialidad

« L’approche de la « decolonialidad », telle qu’elle a été élaborée par Dussel, Quijano, Mignolo, Castro-Gomez, Lugones, Maldonado Torres et Grosfoguel, met en avant l’actualité du colonialisme. La « colonialité » désigne la « structure de pouvoir » mise en place à partir de la conquête de ce qu’on...

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Main Author: Scafoglio, Luca
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2023
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-RDES_103_0078RDESRue Descartes https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2023-1-page-78?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdes.103.0078 « Décoloniser » la Théorie critique ? Une hypothèse de travail sur Adorno et la decolonialidad Scafoglio, Luca2023 fre Rue Descartes | 103 | 1 | 2023-11-16 | p. 78-92 | 1144-0821 RDES_10358 « L’approche de la « decolonialidad », telle qu’elle a été élaborée par Dussel, Quijano, Mignolo, Castro-Gomez, Lugones, Maldonado Torres et Grosfoguel, met en avant l’actualité du colonialisme. La « colonialité » désigne la « structure de pouvoir » mise en place à partir de la conquête de ce qu’on appelle « l’Amérique latine » par les Européens, comme condition et mode éminent d’établissement du capitalisme, qui constitue « le mode de domination le plus général du monde contemporain ». Au cœur de cette « colonialité du pouvoir » se trouve une classification sociale eurocentrique de la population mondiale, selon des critères raciaux. En même temps, la thèse est formulée qu’un tel régime de domination s’installe dans la dimension constitutive du paradigme moderne de la raison – le binôme « rationalité/modernité ».Confronter la théorie critique de l’« École de Francfort » avec la question de la décolonialité permet de déplacer de manière décisive le centre de gravité de la répression de la nature interne, autour de laquelle se stabilise le sujet identique, à la répression que ce sujet exerce envers l’autre – à qui toute subjectivité est déniée et qui est au contraire assimilé à la nature externe. Odysseus sera remplacé par Cortés : les lignes d’une refonte de la préhistoire ( Urgeschichte) de la subjectivité sont clairement offertes. Il s’agirait d’examiner de plus près le lien entre échange et violence, abstraction et domination, raison et domination, et de repenser la dialectique eurocentrée de l’ Aufklärung à la lumière de la conquête, c’est-à-dire de l’assujettissement des peuples indigènes, de ce qui allait devenir l’« Amérique » et de la traite des peuples africains. »Cairn free access
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description « L’approche de la « decolonialidad », telle qu’elle a été élaborée par Dussel, Quijano, Mignolo, Castro-Gomez, Lugones, Maldonado Torres et Grosfoguel, met en avant l’actualité du colonialisme. La « colonialité » désigne la « structure de pouvoir » mise en place à partir de la conquête de ce qu’on appelle « l’Amérique latine » par les Européens, comme condition et mode éminent d’établissement du capitalisme, qui constitue « le mode de domination le plus général du monde contemporain ». Au cœur de cette « colonialité du pouvoir » se trouve une classification sociale eurocentrique de la population mondiale, selon des critères raciaux. En même temps, la thèse est formulée qu’un tel régime de domination s’installe dans la dimension constitutive du paradigme moderne de la raison – le binôme « rationalité/modernité ».Confronter la théorie critique de l’« École de Francfort » avec la question de la décolonialité permet de déplacer de manière décisive le centre de gravité de la répression de la nature interne, autour de laquelle se stabilise le sujet identique, à la répression que ce sujet exerce envers l’autre – à qui toute subjectivité est déniée et qui est au contraire assimilé à la nature externe. Odysseus sera remplacé par Cortés : les lignes d’une refonte de la préhistoire ( Urgeschichte) de la subjectivité sont clairement offertes. Il s’agirait d’examiner de plus près le lien entre échange et violence, abstraction et domination, raison et domination, et de repenser la dialectique eurocentrée de l’ Aufklärung à la lumière de la conquête, c’est-à-dire de l’assujettissement des peuples indigènes, de ce qui allait devenir l’« Amérique » et de la traite des peuples africains. »
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