Paréidolie noise

« À la fin de son œuvre Les Aventures d’Alice aux pays des merveilles, Lewis Carroll dévoile en un bref paragraphe la nature onirique de l’histoire vécue par la fillette et y souligne le rôle spécifique joué par les bruits alentour ayant accompagné son assoupissement. Ainsi les sons du vent, de l’é...

Descripción completa

Guardado en:
Detalles Bibliográficos
Autor principal: Saladin, Matthieu
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2023
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RDES_102_0012
record_format cairn
spelling cairn-RDES_102_0012RDESRue Descartes https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2022-2-page-12?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdes.102.0012 Paréidolie noise Saladin, Matthieu2023 fre Rue Descartes | 102 | 2 | 2023-06-30 | p. 12-27 | 1144-0821 RDES_10244 « À la fin de son œuvre Les Aventures d’Alice aux pays des merveilles, Lewis Carroll dévoile en un bref paragraphe la nature onirique de l’histoire vécue par la fillette et y souligne le rôle spécifique joué par les bruits alentour ayant accompagné son assoupissement. Ainsi les sons du vent, de l’étendue d’eau voisine, des animaux et de la vie sociale alimentaient incidemment le récit hallucinatoire, œuvrant, dans le brouillard du signifiant propre au sommeil, à la reconfiguration du sens par le non-sense. Ce que donne à lire la conclusion de l’œuvre est un cas typique de paréidolie noise, ce processus d’identification formelle chimérique, où les bruits devenus informes s’avèrent enfin disponibles pour y projeter d’autres formes. Un tel phénomène se retrouve sans doute dans la traque des EVP ( electronic voice phenomena) qui hante l’histoire des médias et des technologies de reproduction sonore, soit ces voix fantomatiques supposément entendues dans la friture hertzienne d’un poste de radio ou tapies dans le bruit de fond d’un enregistrement. Qu’entendons-nous alors dans ces bruits ? Et plus particulièrement, que nous disent ces voix du processus même de la pensée philosophique, lorsque la clarté censée la définir s’abandonne aux lignes de fuite de son brouillage ? »Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
description « À la fin de son œuvre Les Aventures d’Alice aux pays des merveilles, Lewis Carroll dévoile en un bref paragraphe la nature onirique de l’histoire vécue par la fillette et y souligne le rôle spécifique joué par les bruits alentour ayant accompagné son assoupissement. Ainsi les sons du vent, de l’étendue d’eau voisine, des animaux et de la vie sociale alimentaient incidemment le récit hallucinatoire, œuvrant, dans le brouillard du signifiant propre au sommeil, à la reconfiguration du sens par le non-sense. Ce que donne à lire la conclusion de l’œuvre est un cas typique de paréidolie noise, ce processus d’identification formelle chimérique, où les bruits devenus informes s’avèrent enfin disponibles pour y projeter d’autres formes. Un tel phénomène se retrouve sans doute dans la traque des EVP ( electronic voice phenomena) qui hante l’histoire des médias et des technologies de reproduction sonore, soit ces voix fantomatiques supposément entendues dans la friture hertzienne d’un poste de radio ou tapies dans le bruit de fond d’un enregistrement. Qu’entendons-nous alors dans ces bruits ? Et plus particulièrement, que nous disent ces voix du processus même de la pensée philosophique, lorsque la clarté censée la définir s’abandonne aux lignes de fuite de son brouillage ? »
author Saladin, Matthieu
spellingShingle Saladin, Matthieu
Paréidolie noise
author_facet Saladin, Matthieu
author_sort Saladin, Matthieu
title Paréidolie noise
title_short Paréidolie noise
title_full Paréidolie noise
title_fullStr Paréidolie noise
title_full_unstemmed Paréidolie noise
title_sort paréidolie noise
publishDate 2023
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2022-2-page-12?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rdes.102.0012
_version_ 1877246448709402624