Kant face aux inéducables

« Les inventions et révolutions scientifiques ont toujours sinon fondé du moins suscité des inventions et révolutions métaphysiques susceptibles de leur faire écho. La physique contemporaine, depuis le début du xxe siècle, avec l’avènement des relativité restreinte et générale et de la physique qua...

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Autore principale: Ronchewski Degorre, Stéphanie
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2021
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
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id cairn-RDES_100_0128
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spelling cairn-RDES_100_0128RDESRue Descartes https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2021-2-page-128?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdes.100.0128 Kant face aux inéducables Ronchewski Degorre, Stéphanie2021 fre Rue Descartes | 100 | 2 | 2021-11-05 | p. 128-141 | 1144-0821 RDES_10029 « Les inventions et révolutions scientifiques ont toujours sinon fondé du moins suscité des inventions et révolutions métaphysiques susceptibles de leur faire écho. La physique contemporaine, depuis le début du xxe siècle, avec l’avènement des relativité restreinte et générale et de la physique quantique, jusqu’à aujourd’hui, avec l’élaboration (toujours en cours d’achèvement et de validation) d’une théorie quantique adéquate de la gravitation, est riche de telles révolutions, notamment concernant la nature du temps, concept complexe dont ces théories nous ont appris à distinguer les multiples feuillets et aspects enchevêtrés. Toute théorie quantique de la gravitation (notamment la théorie quantique à boucles) semble ainsi ne pouvoir aboutir qu’en envisageant le temps comme une réalité seconde, dérivée et non plus originaire ou fondamentale. Mais à partir de quelle autre réalité plus fondamentale que lui, le temps pourrait-il être engendré ? Cette réalité pourrait-elle elle-même être en quoi que ce soit non changeante ? N’a-t-on pas ainsi tort de confondre le temps et la variation (ou le changement) ? L’enjeu de cet article est de distinguer soigneusement ces deux concepts en montrant, d’une part, que la variation est en vérité, sous certaines conditions théoriques à énoncer, un concept plus fondamental que celui de temps, et d’autre part, que ce dernier peut être engendré à partir d’une variation – ainsi pensée comme non empirique ou pure – en lui ajoutant un certain nombre de contraintes – qui la rendent alors empirique et dotée des principales propriétés constitutives du temps. Ces contraintes ou conditions restrictives nous semblent essentiellement de trois sortes : subsistance ou invariance, continuité et succession. Nous les développons successivement en montrant comment les relativités restreinte et générale et la physique quantique tendent déjà à violer partiellement ces contraintes. Nous en concluons que la variation doit être ainsi fondamentalement pensée comme n’étant de rien en particulier quand le temps est toujours en vérité le temps de quelque chose. »Cairn free access
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description « Les inventions et révolutions scientifiques ont toujours sinon fondé du moins suscité des inventions et révolutions métaphysiques susceptibles de leur faire écho. La physique contemporaine, depuis le début du xxe siècle, avec l’avènement des relativité restreinte et générale et de la physique quantique, jusqu’à aujourd’hui, avec l’élaboration (toujours en cours d’achèvement et de validation) d’une théorie quantique adéquate de la gravitation, est riche de telles révolutions, notamment concernant la nature du temps, concept complexe dont ces théories nous ont appris à distinguer les multiples feuillets et aspects enchevêtrés. Toute théorie quantique de la gravitation (notamment la théorie quantique à boucles) semble ainsi ne pouvoir aboutir qu’en envisageant le temps comme une réalité seconde, dérivée et non plus originaire ou fondamentale. Mais à partir de quelle autre réalité plus fondamentale que lui, le temps pourrait-il être engendré ? Cette réalité pourrait-elle elle-même être en quoi que ce soit non changeante ? N’a-t-on pas ainsi tort de confondre le temps et la variation (ou le changement) ? L’enjeu de cet article est de distinguer soigneusement ces deux concepts en montrant, d’une part, que la variation est en vérité, sous certaines conditions théoriques à énoncer, un concept plus fondamental que celui de temps, et d’autre part, que ce dernier peut être engendré à partir d’une variation – ainsi pensée comme non empirique ou pure – en lui ajoutant un certain nombre de contraintes – qui la rendent alors empirique et dotée des principales propriétés constitutives du temps. Ces contraintes ou conditions restrictives nous semblent essentiellement de trois sortes : subsistance ou invariance, continuité et succession. Nous les développons successivement en montrant comment les relativités restreinte et générale et la physique quantique tendent déjà à violer partiellement ces contraintes. Nous en concluons que la variation doit être ainsi fondamentalement pensée comme n’étant de rien en particulier quand le temps est toujours en vérité le temps de quelque chose. »
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