Derrida fantôme

Aujourd’hui, il n’est pas rare que le nouveau capitalisme financier engendre des processus de destructuration continuelle des entreprises et du travail, et que les stratégies et les politiques de l’emploi finissent par devenir absurdes. La précarité actuelle oscille entre une violence sociale ordina...

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Hovedforfatter: Paoletti, Catherine
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2017
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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id cairn-RDES_089_0070
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spelling cairn-RDES_089_0070RDESRue Descartes https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2016-2-page-70?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdes.089.0070 Derrida fantôme Paoletti, Catherine2017 fre Rue Descartes | 89-90 | 2 | 2017-01-31 | p. 70-79 | 1144-0821 RDES_08997 Aujourd’hui, il n’est pas rare que le nouveau capitalisme financier engendre des processus de destructuration continuelle des entreprises et du travail, et que les stratégies et les politiques de l’emploi finissent par devenir absurdes. La précarité actuelle oscille entre une violence sociale ordinaire, intimement liée à des problèmes d’exploitation et de profit, et une violence sociale exceptionnelle, agressive qui constitue un frein aux procès de subjectivisation politique, rendant extrêmement difficile la production de résistances.Il faut alors s’interroger sur la « flexibilité » actuelle qui est une triple forme de précarité (materielle, sociale et cognitive), et qui, comme dispositif de pouvoir, relie entre eux des discours et des pratiques complexes. Dans cette perspective, le mot « flexibilité » ne fait plus référence à la « plasticité personnelle » (cf. William James, John Dewey, Gregory Bateson, la critique sociale et féministe du travail fordiste). Bien au contraire, le dispositif de flexibilité renvoie aux aspects coercitifs et destructeurs d’une condition où la plasticité personnelle est foulée au pied, tantôt selon des modalités caractéristiques de l’époque post-fordiste, tantôt selon des modalités néo tayloriennes. Contrairement aux dispositifs sur lesquels réfléchissait Michel Foucault, le dispositif de flexibilité ne produit pas de sujets qui lui soient propres, il ne les définit d’aucune façon. Il s’emploie au contraire à les détruire après les avoir conçus. En effet, la flexibilité actuelle renvoie à des processus de désubjectivisation ou de précarisation des sujets, et nous oblige à poser des questions par rapport au concept de « violence extrême ».Cairn free access
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description Aujourd’hui, il n’est pas rare que le nouveau capitalisme financier engendre des processus de destructuration continuelle des entreprises et du travail, et que les stratégies et les politiques de l’emploi finissent par devenir absurdes. La précarité actuelle oscille entre une violence sociale ordinaire, intimement liée à des problèmes d’exploitation et de profit, et une violence sociale exceptionnelle, agressive qui constitue un frein aux procès de subjectivisation politique, rendant extrêmement difficile la production de résistances.Il faut alors s’interroger sur la « flexibilité » actuelle qui est une triple forme de précarité (materielle, sociale et cognitive), et qui, comme dispositif de pouvoir, relie entre eux des discours et des pratiques complexes. Dans cette perspective, le mot « flexibilité » ne fait plus référence à la « plasticité personnelle » (cf. William James, John Dewey, Gregory Bateson, la critique sociale et féministe du travail fordiste). Bien au contraire, le dispositif de flexibilité renvoie aux aspects coercitifs et destructeurs d’une condition où la plasticité personnelle est foulée au pied, tantôt selon des modalités caractéristiques de l’époque post-fordiste, tantôt selon des modalités néo tayloriennes. Contrairement aux dispositifs sur lesquels réfléchissait Michel Foucault, le dispositif de flexibilité ne produit pas de sujets qui lui soient propres, il ne les définit d’aucune façon. Il s’emploie au contraire à les détruire après les avoir conçus. En effet, la flexibilité actuelle renvoie à des processus de désubjectivisation ou de précarisation des sujets, et nous oblige à poser des questions par rapport au concept de « violence extrême ».
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