Félix Guattari et l’écologie de la dévastation

Aujourd’hui, il n’est pas rare que le nouveau capitalisme financier engendre des processus de destructuration continuelle des entreprises et du travail, et que les stratégies et les politiques de l’emploi finissent par devenir absurdes. La précarité actuelle oscille entre une violence sociale ordina...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Prignot, Nicolas
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2016
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RDES_088_0138
record_format cairn
spelling cairn-RDES_088_0138RDESRue Descartes https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2016-1-page-138?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdes.088.0138 Félix Guattari et l’écologie de la dévastation Prignot, Nicolas2016 fre Rue Descartes | 88 | 1 | 2016-09-13 | p. 138-146 | 1144-0821 RDES_08889 Aujourd’hui, il n’est pas rare que le nouveau capitalisme financier engendre des processus de destructuration continuelle des entreprises et du travail, et que les stratégies et les politiques de l’emploi finissent par devenir absurdes. La précarité actuelle oscille entre une violence sociale ordinaire, intimement liée à des problèmes d’exploitation et de profit, et une violence sociale exceptionnelle, agressive qui constitue un frein aux procès de subjectivisation politique, rendant extrêmement difficile la production de résistances.Il faut alors s’interroger sur la « flexibilité » actuelle qui est une triple forme de précarité (materielle, sociale et cognitive), et qui, comme dispositif de pouvoir, relie entre eux des discours et des pratiques complexes. Dans cette perspective, le mot « flexibilité » ne fait plus référence à la « plasticité personnelle » (cf. William James, John Dewey, Gregory Bateson, la critique sociale et féministe du travail fordiste). Bien au contraire, le dispositif de flexibilité renvoie aux aspects coercitifs et destructeurs d’une condition où la plasticité personnelle est foulée au pied, tantôt selon des modalités caractéristiques de l’époque post-fordiste, tantôt selon des modalités néo tayloriennes. Contrairement aux dispositifs sur lesquels réfléchissait Michel Foucault, le dispositif de flexibilité ne produit pas de sujets qui lui soient propres, il ne les définit d’aucune façon. Il s’emploie au contraire à les détruire après les avoir conçus. En effet, la flexibilité actuelle renvoie à des processus de désubjectivisation ou de précarisation des sujets, et nous oblige à poser des questions par rapport au concept de « violence extrême ».Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
description Aujourd’hui, il n’est pas rare que le nouveau capitalisme financier engendre des processus de destructuration continuelle des entreprises et du travail, et que les stratégies et les politiques de l’emploi finissent par devenir absurdes. La précarité actuelle oscille entre une violence sociale ordinaire, intimement liée à des problèmes d’exploitation et de profit, et une violence sociale exceptionnelle, agressive qui constitue un frein aux procès de subjectivisation politique, rendant extrêmement difficile la production de résistances.Il faut alors s’interroger sur la « flexibilité » actuelle qui est une triple forme de précarité (materielle, sociale et cognitive), et qui, comme dispositif de pouvoir, relie entre eux des discours et des pratiques complexes. Dans cette perspective, le mot « flexibilité » ne fait plus référence à la « plasticité personnelle » (cf. William James, John Dewey, Gregory Bateson, la critique sociale et féministe du travail fordiste). Bien au contraire, le dispositif de flexibilité renvoie aux aspects coercitifs et destructeurs d’une condition où la plasticité personnelle est foulée au pied, tantôt selon des modalités caractéristiques de l’époque post-fordiste, tantôt selon des modalités néo tayloriennes. Contrairement aux dispositifs sur lesquels réfléchissait Michel Foucault, le dispositif de flexibilité ne produit pas de sujets qui lui soient propres, il ne les définit d’aucune façon. Il s’emploie au contraire à les détruire après les avoir conçus. En effet, la flexibilité actuelle renvoie à des processus de désubjectivisation ou de précarisation des sujets, et nous oblige à poser des questions par rapport au concept de « violence extrême ».
author Prignot, Nicolas
spellingShingle Prignot, Nicolas
Félix Guattari et l’écologie de la dévastation
author_facet Prignot, Nicolas
author_sort Prignot, Nicolas
title Félix Guattari et l’écologie de la dévastation
title_short Félix Guattari et l’écologie de la dévastation
title_full Félix Guattari et l’écologie de la dévastation
title_fullStr Félix Guattari et l’écologie de la dévastation
title_full_unstemmed Félix Guattari et l’écologie de la dévastation
title_sort félix guattari et l’écologie de la dévastation
publishDate 2016
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2016-1-page-138?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rdes.088.0138
_version_ 1877246448320380928