« Shylock, figure du mal ? »

Shakespeare n’a eu de cesse de questionner quelle était la « Nature » de l’Homme. À travers la question de l’antisémitisme, peut-on voir dans Shylock, le « Juif », une « figure du Mal » ou le révélateur du Mal ? La « mélancolie » d’Antonio, « Le Marchand de Venise », et la quête identitaire qu’elle...

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Autore principale: Lippe, Didier
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2022
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RBP_081_0167
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spelling cairn-RBP_081_0167RBPRevue Belge de Psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-belge-de-psychanalyse-2022-2-page-167?lang=fr https://doi.org/10.3917/rbp.081.0167 « Shylock, figure du mal ? » Lippe, Didier2022 antisémitismeavoircomplexitéêtreidentitéMalmanquemélancoliShylockantisemitismbeingcomplexityEvilhavingidentitylackmelancholyShylockfre Revue Belge de Psychanalyse | 81 | 2 | 2022-12-13 | p. 167-183 | 0775-0196 RBP_0813 Shakespeare n’a eu de cesse de questionner quelle était la « Nature » de l’Homme. À travers la question de l’antisémitisme, peut-on voir dans Shylock, le « Juif », une « figure du Mal » ou le révélateur du Mal ? La « mélancolie » d’Antonio, « Le Marchand de Venise », et la quête identitaire qu’elle sous-tend, font osciller tout au long de la pièce les problématiques de l’Être et de l’Avoir, en désignant Shylock comme seul susceptible de pouvoir combler le manque d’Avoir, mais aussi le manque d’Être chez Antonio. Le manque fondamental, inhérent à l’Être Humain, renvoi aux pertes fantasmatiques de la complétude originelle et de son paradis perdu, points d’appui dans la construction identitaire et ses impasses psychopathologiques (conduites de dépendances, etc.). Face au « refus de la complexité psychique » engagée dans cette construction identitaire, le « Mal » vient alors parfois comme « solution ». La pièce de Shakespeare en témoigne et conclut cette « tragédie » de l’Être par la « comédie » humaine comme condition d’existence.Shakespeare never ceased to question the « Nature » of Man. Through the question of anti-Semitism, can we see in Shylock, the « Jew », a « figure of Evil » or the revealer of Evil? The « melancholy » of Antonio, « The Merchant of Venice », and the quest for identity that it underlies, make the problems of Being and Having oscillate throughout the play, by designating Shylock as the only one likely to be able to fill the lack of Having, but also the lack of Being in Antonio. The fundamental lack, inherent to the Human Being, refers to the phantasmatic losses of the original completeness and its lost paradise, points of support in the identity construction and its psychopathological impasses (addictive behaviors, etc.). Faced with the « refusal of the psychic complexity » engaged in this identity construction, the « Evil » comes then sometimes as « solution ». Shakespeares play testifies to this and concludes this « tragedy » of the Being by the human « comedy » as a condition of existence.Cairn restricted access
language Français
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description Shakespeare n’a eu de cesse de questionner quelle était la « Nature » de l’Homme. À travers la question de l’antisémitisme, peut-on voir dans Shylock, le « Juif », une « figure du Mal » ou le révélateur du Mal ? La « mélancolie » d’Antonio, « Le Marchand de Venise », et la quête identitaire qu’elle sous-tend, font osciller tout au long de la pièce les problématiques de l’Être et de l’Avoir, en désignant Shylock comme seul susceptible de pouvoir combler le manque d’Avoir, mais aussi le manque d’Être chez Antonio. Le manque fondamental, inhérent à l’Être Humain, renvoi aux pertes fantasmatiques de la complétude originelle et de son paradis perdu, points d’appui dans la construction identitaire et ses impasses psychopathologiques (conduites de dépendances, etc.). Face au « refus de la complexité psychique » engagée dans cette construction identitaire, le « Mal » vient alors parfois comme « solution ». La pièce de Shakespeare en témoigne et conclut cette « tragédie » de l’Être par la « comédie » humaine comme condition d’existence.
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