Application du Protocole de Maputo dans la zone de santé de Bunia, province de l’Ituri (République Démocratique du Congo) : expériences et attentes des sagesfemmes

Les lois sur l’avortement demeurent restrictives dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne. Pourtant, les États membres de l’Union africaine, dont la République Démocratique du Congo, ont ratifié le Protocole de Maputo, reconnaissant l’avortement médicalisé comme un droit en santé reproduc...

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Bibliografiske detaljer
Auteurs principaux: Adjiba Sineno, Ruth, François Bwanga Ngwamah, Alexis, Ngbolua, Koto-Te-Nyiwa, Mbungu, Roger Mwimba, Babintu Mukandu, Leyka Basua
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2025
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Les lois sur l’avortement demeurent restrictives dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne. Pourtant, les États membres de l’Union africaine, dont la République Démocratique du Congo, ont ratifié le Protocole de Maputo, reconnaissant l’avortement médicalisé comme un droit en santé reproductive. Son application reste cependant limitée, contribuant au maintien d’un taux élevé de mortalité maternelle, notamment dans la zone de santé de Bunia (Ituri). Cette étude vise à analyser l’expérience et les attentes des sages-femmes face à la mise en œuvre de ce Protocole. De type exploratoire, descriptive et multicentrique, elle repose sur une approche phénoménologique. Quatorze sages-femmes de la zone de santé urbano-rurale de Bunia ont été interrogées à l’aide d’entretiens semi-directifs. Les résultats révèlent une perception ambivalente : espoir de progrès en matière de droits reproductifs, mais aussi frustration liée aux limites de l’opérationnalisation. Plusieurs obstacles ont été identifiés : résistances des prestataires, stigmatisation sociale, et inadéquation entre le cadre légal et son application concrète. Toutefois, certains leviers apparaissent favorables : formation continue des sages-femmes, sensibilisation communautaire, mobilisation de ressources financières, humaines et matérielles. Les participantes expriment des attentes fortes, traduisant un besoin urgent d’engagement structuré des autorités sanitaires et juridiques. L’étude, approuvée par le comité éthique institutionnel (n° 055/ESU/ISTM/DG/2022 du 06/10/2022), avec consentement libre et éclairé, offre des pistes pour renforcer l’opérationnalisation du Protocole dans les zones post-conflit. Elle souligne la nécessité d’une synergie entre volonté politique, renforcement des capacités et transformation socioculturelle afin d’assurer un accès effectif et équitable aux droits en santé reproductive.