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Malgré l’engouement universitaire pour l’épistémologie féministe, les cercles de conscientisation féministes restent majoritairement étudiés en tant que groupes de parole, plutôt que comme des collectifs d’enquête militante producteurs de savoir. Une telle approche, en plus de reconduire l’oppositio...

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מידע ביבליוגרפי
מחבר ראשי: Jourde, Gabrielle
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: 2020
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RASP_201_0000a
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spelling cairn-RASP_201_0000aRASPRevue Africaine des Sciences Sociales et de la Santé Publique https://stm.cairn.info/revue-africaine-des-sciences-sociales-et-de-la-sante-publique-2020-1-page-i?lang=fr Pages de début Jourde, Gabrielle2020 fre Revue Africaine des Sciences Sociales et de la Santé Publique | Volume 2 | 1 | 2020-06-28 | p. I-III | 1987-071X RASP_20170 Malgré l’engouement universitaire pour l’épistémologie féministe, les cercles de conscientisation féministes restent majoritairement étudiés en tant que groupes de parole, plutôt que comme des collectifs d’enquête militante producteurs de savoir. Une telle approche, en plus de reconduire l’opposition genrée entre « raison » et « émotion », éclipse les intentions et les intuitions de leurs instigatrices, et en particulier la conviction que le travail collectif à partir d’émotions douloureuses permet de produire des connaissances et de la puissance d’agir. En effet, les féministes du mouvement de libération étatsunien affirment et mettent en œuvre une épistémologie des passions tristes, revendiquant leur prétendue émotionnalité comme une forme de savoir plus pertinente que la rationalité masculine dont elles ont été exclues. Les méthodes qu’elles déploient esquissent des pistes éclairantes pour répondre à des interrogations fondamentales sur les affects en politique, notamment celles portant sur le passage du ressenti au savoir et du savoir à l’action, et sur les manières d’éviter le piège de la dépolitisation propre aux approches purement thérapeutiques des souffrances sociales. Soulignant les articulations singulières entre émotion, théorie et action portées par le mouvement de libération des femmes étatsunien, l’article met en évidence l’épistémologie des passions tristes comme dimension méconnue, mais fondamentale de l’épistémologie féministe.Despite the academic enthusiasm for feminist epistemology, feminist consciousness-raising circles are predominantly studied as discussion groups rather than as collectives where knowledge is produced. Beyond reinforcing the gendered opposition between “reason” and “emotion,” this perspective obscures the intentions and intuitions of their founders, particularly the conviction that collective work on painful emotions can be a source of knowledge and agency. The U.S. women’s liberation movement asserted and implemented an epistemology of “sad passions,” positioning their supposed emotionality as a more appropriate and ethical form of knowledge than the masculine rationality from which they were excluded. Their activist methods provide valuable insights into fundamental questions regarding emotions in politics, particularly the transition from knowledge to action and how to avoid the depoliticisation inherent in purely therapeutic approaches to social suffering. By emphasising the unique interplay between emotion, theory, and action within the U.S. women’s liberation movement, this article highlights the epistemology of sad passions as an underexplored yet crucial aspect of feminist epistemology.Cairn free access
language Français
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