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Malgré l’engouement universitaire pour l’épistémologie féministe, les cercles de conscientisation féministes restent majoritairement étudiés en tant que groupes de parole, plutôt que comme des collectifs d’enquête militante producteurs de savoir. Une telle approche, en plus de reconduire l’oppositio...

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書誌詳細
第一著者: Jourde, Gabrielle
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: 2020
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
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要約:Malgré l’engouement universitaire pour l’épistémologie féministe, les cercles de conscientisation féministes restent majoritairement étudiés en tant que groupes de parole, plutôt que comme des collectifs d’enquête militante producteurs de savoir. Une telle approche, en plus de reconduire l’opposition genrée entre « raison » et « émotion », éclipse les intentions et les intuitions de leurs instigatrices, et en particulier la conviction que le travail collectif à partir d’émotions douloureuses permet de produire des connaissances et de la puissance d’agir. En effet, les féministes du mouvement de libération étatsunien affirment et mettent en œuvre une épistémologie des passions tristes, revendiquant leur prétendue émotionnalité comme une forme de savoir plus pertinente que la rationalité masculine dont elles ont été exclues. Les méthodes qu’elles déploient esquissent des pistes éclairantes pour répondre à des interrogations fondamentales sur les affects en politique, notamment celles portant sur le passage du ressenti au savoir et du savoir à l’action, et sur les manières d’éviter le piège de la dépolitisation propre aux approches purement thérapeutiques des souffrances sociales. Soulignant les articulations singulières entre émotion, théorie et action portées par le mouvement de libération des femmes étatsunien, l’article met en évidence l’épistémologie des passions tristes comme dimension méconnue, mais fondamentale de l’épistémologie féministe.