Quand l'identité de l'objet-frontière se construit chemin faisant

RésuméDans cet article, nous confrontons le modèle d’objet-frontière proposé par Star et Griesemer (1989) à un cas exemplaire de coordination entre le monde de la gestion de la nature et celui de la recherche académique : l’élaboration d’une estimation de l’effectif de la population de loups en Fran...

Volledige beschrijving

Bewaard in:
Bibliografische gegevens
Hoofdauteurs: Granjou, Céline, Mauz, Isabelle
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2009
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:RésuméDans cet article, nous confrontons le modèle d’objet-frontière proposé par Star et Griesemer (1989) à un cas exemplaire de coordination entre le monde de la gestion de la nature et celui de la recherche académique : l’élaboration d’une estimation de l’effectif de la population de loups en France. Dans une première partie, nous voyons que cette élaboration constitue une entreprise collective, orchestrée par un acteur de la gestion de la nature : l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, dans laquelle interviennent plusieurs acteurs, dont des laboratoires de recherche, que nous présentons et dont nous précisons les motivations et le rôle dans la chaîne de traitement des indices matériels de présence des loups recueillis sur le terrain. Nous observons que la mise en place d’une coordination entre ces acteurs ne les empêche pas de maintenir leurs communautés d’objectifs et de pratiques propres. Dans la deuxième partie, nous montrons que cette coordination repose sur un objet-frontière – le « poil » de loup –, et plus particulièrement sur son équipement (codes, conventions) au cours des différentes étapes de traitement : des « infrastructures invisibles » sont en effet attachées au « poil » de loup, qui sont transportées et transformées avec lui, et qui rendent possible son inscription dans des communautés de pratiques différentes et, au final, la production d’une estimation chiffrée du nombre de loups sur le sol français.