Politiques à destination des classes moyennes, facteur d’égalité ou d’inégalité ?

Les années 1950 voient l’émergence d’une idéologie selon laquelle l’héritage politique du New Deal aurait permis aux États-Unis de devenir une société de classes moyennes. Grâce à la mise en place de l’État-providence, d’une fiscalité très progressive et d’une politique d’accès à la propriété immobi...

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Prif Awdur: Smith, Bradley
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2018
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-POLAM_032_0017POLAMPolitique américaine https://shs.cairn.info/revue-politique-americaine-2019-1-page-17?lang=fr https://doi.org/10.3917/polam.032.0017 Politiques à destination des classes moyennes, facteur d’égalité ou d’inégalité ? Smith, Bradley2018 fre Politique américaine | 32 | 1 | 2018-12-20 | p. 17-39 | 1771-8848 POLAM_03280 Les années 1950 voient l’émergence d’une idéologie selon laquelle l’héritage politique du New Deal aurait permis aux États-Unis de devenir une société de classes moyennes. Grâce à la mise en place de l’État-providence, d’une fiscalité très progressive et d’une politique d’accès à la propriété immobilière, les inégalités sont peu importantes et de nombreux Américains de la classe ouvrière viennent gonfler les rangs des classes moyennes : les politiques à destination de ces dernières seraient donc un facteur d’égalité important. Or, depuis la fin des années 1970, les États-Unis assistent au retour d’inégalités économiques telles qu’ils ne les avaient pas connues depuis les années 1920. La classe moyenne serait aujourd’hui en train de s’effriter, ce que certains imputent à la cupidité de la haute finance, d’autres à une fiscalité excessive et une réglementation trop stricte. Cet article défend la thèse que les politiques à destination des classes moyennes peuvent aussi être facteurs d’inégalité lorsque, pour maintenir leur mode de vie, des membres de cette classe soutiennent les réductions d’impôt, la déréglementation et d’autres politiques néolibérales. Le paradoxe est que ce sont ces mêmes politiques qui à terme rendent le mode de vie de la classe moyenne moins accessible au grand nombre.During the postwar era, the United States had allegedly become a middle-class society thanks in large part to the legacy of the New Deal. Between the rise of a welfare state, a very progressive tax system, and policies aimed at increasing homeownership, inequalities were limited, and many working-class Americans made their way into the middle class. It would seem therefore that middle-class politics is a force for equality. Since the late 1970s, however, the United States has seen the return of levels of economic inequality that hadn’t been experienced since the 1920s. Today the American middle class appears to be eroding. Some blame this on upper-class greed, others on excessive taxes and regulations, and still others on globalization. This article argues that middle-class politics can also be a powerful force for inequality when middle-class voters support tax reductions, deregulation, and other neoliberal policies to maintain their lifestyle. The paradox is that it is the same policies that have been putting the middle-class lifestyle out of reach for a growing number of Americans.Cairn free access
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description Les années 1950 voient l’émergence d’une idéologie selon laquelle l’héritage politique du New Deal aurait permis aux États-Unis de devenir une société de classes moyennes. Grâce à la mise en place de l’État-providence, d’une fiscalité très progressive et d’une politique d’accès à la propriété immobilière, les inégalités sont peu importantes et de nombreux Américains de la classe ouvrière viennent gonfler les rangs des classes moyennes : les politiques à destination de ces dernières seraient donc un facteur d’égalité important. Or, depuis la fin des années 1970, les États-Unis assistent au retour d’inégalités économiques telles qu’ils ne les avaient pas connues depuis les années 1920. La classe moyenne serait aujourd’hui en train de s’effriter, ce que certains imputent à la cupidité de la haute finance, d’autres à une fiscalité excessive et une réglementation trop stricte. Cet article défend la thèse que les politiques à destination des classes moyennes peuvent aussi être facteurs d’inégalité lorsque, pour maintenir leur mode de vie, des membres de cette classe soutiennent les réductions d’impôt, la déréglementation et d’autres politiques néolibérales. Le paradoxe est que ce sont ces mêmes politiques qui à terme rendent le mode de vie de la classe moyenne moins accessible au grand nombre.
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