Quelle politique africaine pour la France ?

À Zanzibar, l’année électorale 2010 semble ouvrir une nouvelle ère politique et sociale. Grâce à la formation d’un gouvernement d’unité nationale, les îles ont réussi à contenir les tensions politiques et à mettre fin aux violences électorales observées depuis la réintroduction du multipartisme en 1...

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Tác giả chính: Bayart, Jean-François
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: 2011
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spelling cairn-POLAF_121_0147POLAFPolitique africaine https://shs.cairn.info/revue-politique-africaine-2011-1-page-147?lang=fr https://doi.org/10.3917/polaf.121.0147 Quelle politique africaine pour la France ? Bayart, Jean-François2011 fre Politique africaine | 121 | 1 | 2011-04-01 | p. 147-159 | 0244-7827 POLAF_12146 À Zanzibar, l’année électorale 2010 semble ouvrir une nouvelle ère politique et sociale. Grâce à la formation d’un gouvernement d’unité nationale, les îles ont réussi à contenir les tensions politiques et à mettre fin aux violences électorales observées depuis la réintroduction du multipartisme en 1992. Ce gouvernement entérine le principe du partage du pouvoir entre les deux principaux partis politiques, l’ancien parti unique du CCM, toujours au pouvoir, et le parti d’opposition du CUF. Les élections générales d’octobre se sont déroulées dans le calme et la bonne humeur malgré les soupçons de manipulations des listes électorales au moment des inscriptions et de fraudes durant le scrutin. Pourtant, les scores serrés des deux principaux candidats à la présidence témoignent de la reconduction de divisions politiques anciennes, qui superposent aux affiliations partisanes des référents identitaires différents et des conceptions alternatives de l’appartenance à la nation. Le rôle de la République unie de Tanzanie dans la vie politique des îles reste aussi un élément clé pour comprendre la reconduction du CCM au pouvoir. Si le principe du partage du pouvoir est le gage de démocratisation attendu par la communauté internationale pour renouveler son aide au développement, il a ceci de stratégique qu’il permet au CCM de se maintenir au pouvoir et d’affaiblir la charge critique de l’opposition.A Chronicle of the 2010 Elections in ZanzibarIn Zanzibar, the 2010 electoral year seems to open a new political and social era. Thanks to the formation of a government of national unity, the Isles managed to contain political tensions and put an end to electoral violence observed since the reintroduction of multiparty politics in 1992. This government adopted the principle of power-sharing between the two main political parties, the former single party, CCM, still in power, and the opposition party CUF. The general election of October 2010 has been held in a peaceful and joyful atmosphere in spite of concerns raised about electoral rigging of the voters’ register at the time of registration and vote irregularities during the ballot. Yet, the close results of the two main presidential candidates show that former political divisions still persist, merging party affiliations with different identity registers and alternative conceptions of national belonging. The role played by the United Republic of Tanzania in the Isles’ political life remains a key element to understand why CCM remains in power. If the principle of power-sharing is the manifestation of a process of democratisation expected by the international community in order to renew its development aid, it also helps CCM to remain in power while weakening the critical potential of the opposition.Cairn free access
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description À Zanzibar, l’année électorale 2010 semble ouvrir une nouvelle ère politique et sociale. Grâce à la formation d’un gouvernement d’unité nationale, les îles ont réussi à contenir les tensions politiques et à mettre fin aux violences électorales observées depuis la réintroduction du multipartisme en 1992. Ce gouvernement entérine le principe du partage du pouvoir entre les deux principaux partis politiques, l’ancien parti unique du CCM, toujours au pouvoir, et le parti d’opposition du CUF. Les élections générales d’octobre se sont déroulées dans le calme et la bonne humeur malgré les soupçons de manipulations des listes électorales au moment des inscriptions et de fraudes durant le scrutin. Pourtant, les scores serrés des deux principaux candidats à la présidence témoignent de la reconduction de divisions politiques anciennes, qui superposent aux affiliations partisanes des référents identitaires différents et des conceptions alternatives de l’appartenance à la nation. Le rôle de la République unie de Tanzanie dans la vie politique des îles reste aussi un élément clé pour comprendre la reconduction du CCM au pouvoir. Si le principe du partage du pouvoir est le gage de démocratisation attendu par la communauté internationale pour renouveler son aide au développement, il a ceci de stratégique qu’il permet au CCM de se maintenir au pouvoir et d’affaiblir la charge critique de l’opposition.
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