Après la nature

Que se passe-t-il si nous prenons au sérieux le vivant comme concept politique ? En partant de l’abandon de l’ontologie moderne fondée sur la distinction entre nature et culture, cet article explore les perspectives ouvertes par le tournant du vivant et poursuit deux objectifs : distinguer les prin...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Główni autorzy: Wanneau, Krystel, Fabri, Éric, Arantes, Virginie
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: 2023
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-PDC_HS02_0147
record_format cairn
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
topic crise écologique
épistémologie réflexive
ontologie post-nature
politiques du vivant
sociologie critique
critical sociology
ecological crisis
politics of the living
post-nature ontology
reflexive epistemology
spellingShingle crise écologique
épistémologie réflexive
ontologie post-nature
politiques du vivant
sociologie critique
critical sociology
ecological crisis
politics of the living
post-nature ontology
reflexive epistemology
Wanneau, Krystel
Fabri, Éric
Arantes, Virginie
Après la nature
topic_facet crise écologique
épistémologie réflexive
ontologie post-nature
politiques du vivant
sociologie critique
critical sociology
ecological crisis
politics of the living
post-nature ontology
reflexive epistemology
description Que se passe-t-il si nous prenons au sérieux le vivant comme concept politique ? En partant de l’abandon de l’ontologie moderne fondée sur la distinction entre nature et culture, cet article explore les perspectives ouvertes par le tournant du vivant et poursuit deux objectifs : distinguer les principaux objets conceptuels et débats qui constituent le champ de la recherche sur le vivant, et distinguer l’intérêt qu’il y a à investir le vivant comme sujet et/ou objet politique pour la pensée critique contemporaine. Pour faire du vivant un objet politique, nous partons du constat que ce dernier impose la reconnaissance d’une réalité hybride, où l’agentivité qui caractérise une multitude d’êtres leur permet de faire territoire sur un lieu où émerge une vie sociale interespèces organisant cet espace. Nous abordons ces trois débats en mobilisant des travaux qui réalisent par leur parti pris pour le vivant une avancée dans l’« art d’observer » les alliances entre humains et non-humains dans des endroits parfois inattendus. Cette démarche nous permet ensuite d’appréhender ce qui vient après la nature en discutant trois modèles de relation des humains au vivant : celui de la soustraction qui prend le contre-pied de l’actuelle domination sur la nature, celui de légation où la relation avec le vivant mène l’humain à composer son action et son territoire avec d’autres vivants, et celui de la coexistence qui tient compte de l’historique moderne et entend bien éviter de reconduire une telle tragédie en s’efforçant de sanctuariser des zones pour laisser libre cours au vivant. Nous complétons cette discussion ontologique par un questionnement du rôle des sciences, notamment pour ouvrir de nouvelles médiations. Nous concluons sur les luttes émancipatrices qui agissent pour le vivant, sans la nature.
author Wanneau, Krystel
Fabri, Éric
Arantes, Virginie
author_facet Wanneau, Krystel
Fabri, Éric
Arantes, Virginie
author_sort Wanneau, Krystel
title Après la nature
title_short Après la nature
title_full Après la nature
title_fullStr Après la nature
title_full_unstemmed Après la nature
title_sort après la nature
publishDate 2023
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-politiques-de-communication-2023-HS2-page-147?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/pdc.hs02.0147
_version_ 1877246313392766976
spelling cairn-PDC_HS02_0147PDCPolitiques de communication https://shs.cairn.info/revue-politiques-de-communication-2023-HS2-page-147?lang=fr https://doi.org/10.3917/pdc.hs02.0147 Après la nature Wanneau, KrystelFabri, ÉricArantes, Virginie2023 crise écologiqueépistémologie réflexiveontologie post-naturepolitiques du vivantsociologie critiquecritical sociologyecological crisispolitics of the livingpost-nature ontologyreflexive epistemologyfre Politiques de communication | Hors série 2 | HS2 | 2023-12-15 | p. 147-176 | 2271-068X PDC_HS0267 Que se passe-t-il si nous prenons au sérieux le vivant comme concept politique ? En partant de l’abandon de l’ontologie moderne fondée sur la distinction entre nature et culture, cet article explore les perspectives ouvertes par le tournant du vivant et poursuit deux objectifs : distinguer les principaux objets conceptuels et débats qui constituent le champ de la recherche sur le vivant, et distinguer l’intérêt qu’il y a à investir le vivant comme sujet et/ou objet politique pour la pensée critique contemporaine. Pour faire du vivant un objet politique, nous partons du constat que ce dernier impose la reconnaissance d’une réalité hybride, où l’agentivité qui caractérise une multitude d’êtres leur permet de faire territoire sur un lieu où émerge une vie sociale interespèces organisant cet espace. Nous abordons ces trois débats en mobilisant des travaux qui réalisent par leur parti pris pour le vivant une avancée dans l’« art d’observer » les alliances entre humains et non-humains dans des endroits parfois inattendus. Cette démarche nous permet ensuite d’appréhender ce qui vient après la nature en discutant trois modèles de relation des humains au vivant : celui de la soustraction qui prend le contre-pied de l’actuelle domination sur la nature, celui de légation où la relation avec le vivant mène l’humain à composer son action et son territoire avec d’autres vivants, et celui de la coexistence qui tient compte de l’historique moderne et entend bien éviter de reconduire une telle tragédie en s’efforçant de sanctuariser des zones pour laisser libre cours au vivant. Nous complétons cette discussion ontologique par un questionnement du rôle des sciences, notamment pour ouvrir de nouvelles médiations. Nous concluons sur les luttes émancipatrices qui agissent pour le vivant, sans la nature. What happens if we take the concept of « the living » seriously in the realm of politics? Breaking away from the traditional ontology that distinguishes between nature and culture, this article explores the transformative potential that arises from the turn to the politics of the living. It aims to achieve two objectives: first, to identify the primary conceptual elements and debates within the field of research on the living, and second, to highlight the significance of considering the living as a subject and/or political object within contemporary critical thought. To establish the living as a political object, we begin by acknowledging the necessity of recognizing a hybrid reality. In this reality, the agency granted to a multitude of beings empowers them to create territories in a space (lieu) where interspecies social life emerges and organizes. We engage in three debates by drawing upon works that exemplify the « art of observing » alliances between humans and non human entities, often in unexpected locations. By employing this approach, we can contemplate what lies beyond the limitations of nature. We explore the relationship between humans and the living through three distinct models: subtraction, which challenges the prevailing domination of nature; legation, where humans collaborate with other living beings to shape their actions and territories; and coexistence, which takes into account the lessons of modern history and strives to prevent the recurrence of tragic events by establishing sanctuaries for the living. We conclude this ontological discussion by questioning the role of science, particularly its capacity to forge new mediations and by identifying emancipatory struggles that advocate for politics of the living that transcend the notion of nature. Cairn restricted access