Certaines lesbiennes demeurent des femmes
Cet article a pour objet de (re)discuter la célèbre affirmation de Monique Wittig « Les lesbiennes ne sont pas des femmes » à partir d’une analyse approfondie des rapports que les lesbiennes entretiennent avec leur famille. Il présente les résultats d’une enquête menée par entretiens biographiques a...
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| Формат: | Article ou chapitre numérique |
| Язык: | Français |
| Опубликовано: |
2015
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| Online-ссылка: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-NQF_341_0070NQFNouvelles Questions Féministes https://shs.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2015-1-page-70?lang=fr https://doi.org/10.3917/nqf.341.0070 Certaines lesbiennes demeurent des femmes Amari, Salima2015 fre Nouvelles Questions Féministes | 34 | 1 | 2015-05-29 | p. 70-83 | 0248-4951 NQF_34144 Cet article a pour objet de (re)discuter la célèbre affirmation de Monique Wittig « Les lesbiennes ne sont pas des femmes » à partir d’une analyse approfondie des rapports que les lesbiennes entretiennent avec leur famille. Il présente les résultats d’une enquête menée par entretiens biographiques auprès de 20 lesbiennes, toutes d’origine maghrébine, et par l’observation d’une trentaine d’autres lesbiennes d’origine maghrébine dans différents contextes de sociabilité à Paris et en région parisienne. Fondés sur un continuum mesurant l’appropriation privée de ces femmes par les hommes dans l’espace familial, les résultats mettent en relief la formation d’une « typologie lesbienne ». Lorsque l’appropriation privée est faible, les lesbiennes arrivent à échapper à la catégorie des femmes et correspondent au postulat de Wittig selon lequel les lesbiennes ne sont pas des femmes ; ce sont les lesbiennes dissidentes. À l’inverse, lorsque cette appropriation est forte, les lesbiennes demeurent des femmes comme les autres ; ce sont les lesbiennes quasihétérosexuelles. Entre les deux, on trouve des lesbiennes qui évoluent à mi-chemin des deux catégories : les lesbiennes en devenir.This article aims to (re)discuss Monique Wittig’s famous assertion « Lesbians are not women » through an analysis of the relations that lesbians maintain with their families. It presents the results of a study based on biographical interviews with 20 lesbians, all of North African origin, and on observations carried out amongst approximately 30 others in various social contexts, in Paris and the Paris region. Placing this data on a continuum measuring degrees of private appropriation of these women by men in their families, the analysis proposes a « typology » of lesbian life forms. When private appropriation is low, lesbians manage to escape the category of women and correspond to Wittig’s claim that lesbians are not women ; they are dissident lesbians. On the contrary, when this appropriation is strong, lesbians remain women ; they are heterosexual-like lesbians. In the middle, we find lesbians who can be situated halfway between these categories : they are lesbians « en devenir ».Cairn free access |
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Cet article a pour objet de (re)discuter la célèbre affirmation de Monique Wittig « Les lesbiennes ne sont pas des femmes » à partir d’une analyse approfondie des rapports que les lesbiennes entretiennent avec leur famille. Il présente les résultats d’une enquête menée par entretiens biographiques auprès de 20 lesbiennes, toutes d’origine maghrébine, et par l’observation d’une trentaine d’autres lesbiennes d’origine maghrébine dans différents contextes de sociabilité à Paris et en région parisienne. Fondés sur un continuum mesurant l’appropriation privée de ces femmes par les hommes dans l’espace familial, les résultats mettent en relief la formation d’une « typologie lesbienne ». Lorsque l’appropriation privée est faible, les lesbiennes arrivent à échapper à la catégorie des femmes et correspondent au postulat de Wittig selon lequel les lesbiennes ne sont pas des femmes ; ce sont les lesbiennes dissidentes. À l’inverse, lorsque cette appropriation est forte, les lesbiennes demeurent des femmes comme les autres ; ce sont les lesbiennes quasihétérosexuelles. Entre les deux, on trouve des lesbiennes qui évoluent à mi-chemin des deux catégories : les lesbiennes en devenir. |
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