Introduction : pratiques touristiques, pratiques langagières
À partir des années 2000, le Maroc a connu une vague de publications écrites dans une langue prétendument orale : l’arabe marocain ( dārija). Cet article examine l’idéologie linguistique qui sous-tendait ces textes en se concentrant sur les militants linguistiques qui les ont produits. À travers u...
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| المؤلفون الرئيسيون: | , |
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| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
2023
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| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-LS_178_0002LSLangage et société https://shs.cairn.info/revue-langage-et-societe-2023-1-page-9?lang=fr https://doi.org/10.3917/ls.178.0002 Introduction : pratiques touristiques, pratiques langagières Wilson, AdamMoïse, Claudine2023 fre Langage et société | 178 | 1 | 2023-02-16 | p. 9-21 | 0181-4095 LS_17848 À partir des années 2000, le Maroc a connu une vague de publications écrites dans une langue prétendument orale : l’arabe marocain ( dārija). Cet article examine l’idéologie linguistique qui sous-tendait ces textes en se concentrant sur les militants linguistiques qui les ont produits. À travers une analyse de leur rhétorique, je montre comment les militants ont construit discursivement les Marocains comme des « schizophrènes linguistiques » souffrant d’une méconnaissance fondamentale de l’arabe standard ( fuṣḥā) comme « langue maternelle ». Dans ce contexte, les militants considéraient les textes en dārija, la « vraie langue maternelle » des Marocains, comme des remèdes ayant le pouvoir de réveiller les Marocains à leurs contradictions linguistiques – et aux contradictions sociétales. Beginning in the 2000s, Morocco witnessed a surge of publications written in a supposedly oral language: Moroccan Arabic ( dārija). This paper investigates the language ideology that undergirded these vernacular texts by focusing on a handful of language activists—writers, translators, editors, and publishers—who were involved in the production. Through an analysis of activists’ rhetoric, I show how they discursively constructed Moroccans as “linguistic schizophrenics” suffering from a fundamental misrecognition of standard Arabic ( fuṣḥā) as their “mother tongue.” Against this background, activists saw texts in dārija, Moroccans’ “real mother tongue,” as potential cures with the power to wake up Moroccans to their lived linguistic contradictions—and to societal contradictions more broadly. A partir del año 2000, Marruecos experimentó una oleada de publicaciones en una lengua supuestamente oral: el árabe marroquí ( dārija). En este artículo se investiga la ideología lingüística que subyace a estos textos vernáculos, centrándose en un grupo de activistas lingüísticos – escritores, traductores, editores y editoriales – implicados en su producción. A través de un análisis de la retórica de los activistas se muestra una construcción discursiva de los marroquíes como «esquizofrénicos lingüísticos», que padecen el error fundamental de reconocer en el árabe estándar ( fuṣḥā) su «lengua materna». En este contexto, los activistas veían los textos escritos en dārija (la «auténtica lengua materna» de los marroquíes) como potencialmente terapéuticos, con capacidad para hacer conscientes a los marroquíes de las contradicciones experimentadas, tanto lingüísticas como, de manera más general, también sociales. Cairn free access |
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À partir des années 2000, le Maroc a connu une vague de publications écrites dans une langue prétendument orale : l’arabe marocain ( dārija). Cet article examine l’idéologie linguistique qui sous-tendait ces textes en se concentrant sur les militants linguistiques qui les ont produits. À travers une analyse de leur rhétorique, je montre comment les militants ont construit discursivement les Marocains comme des « schizophrènes linguistiques » souffrant d’une méconnaissance fondamentale de l’arabe standard ( fuṣḥā) comme « langue maternelle ». Dans ce contexte, les militants considéraient les textes en dārija, la « vraie langue maternelle » des Marocains, comme des remèdes ayant le pouvoir de réveiller les Marocains à leurs contradictions linguistiques – et aux contradictions sociétales.
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