Sommes-nous ce que nous mangeons ?

Thomas d’Aquin souligne avec force, au cours de sa production, le caractère purement passif du matériau et sa totale subordination à la forme. Cependant, pour Thomas, la matière joue un rôle fondamental dans la définition de l’identité et l’individuation des composés. Pour la même raison, Thomas ne...

Täydet tiedot

Tallennettuna:
Bibliografiset tiedot
Päätekijä: Zuccolin, Gabriella
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 2020
Aiheet:
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-LP_402_0122
record_format cairn
spelling cairn-LP_402_0122LPLa Pensée https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2020-2-page-122?lang=fr https://doi.org/10.3917/lp.402.0122 Sommes-nous ce que nous mangeons ? Zuccolin, Gabriella2020 identité corporellematièrenourritureThomas d’Aquincorporeal identityfoodmatterThomas Aquinasfre La Pensée | 402 | 2 | 2020-08-10 | p. 122-136 | 0031-4773 LP_40275 Thomas d’Aquin souligne avec force, au cours de sa production, le caractère purement passif du matériau et sa totale subordination à la forme. Cependant, pour Thomas, la matière joue un rôle fondamental dans la définition de l’identité et l’individuation des composés. Pour la même raison, Thomas ne s’aligne pas sur la tradition théologique qui, à partir de Pierre Lombard, excluait que la matière assimilée par l’alimentation fasse partie de ce noyau corporel qui appartient dès la naissance à tout être humain. Pour Thomas, en revanche, l’humidité apportée par la nourriture est indissociable de l’humidité (radicale) propre à chaque individu dès sa naissance, en tant que telle, elle fait donc partie de la « vérité de la nature humaine » qui sera rétablie au moment de la résurrection de la chair. Certes, Thomas ne va pas jusqu’à affirmer que « l’homme est ce qu’il mange », mais il concède sans trop d’hésitation que la matière de la nourriture est en puissance identique à celui qui s’en nourrit et que réciproquement notre corps est constamment modifié par ce dont il se nourrit.Thomas Aquinas strongly insists, in the course of his production, on the purely passive character of matter and its complete subordination to form. However, in Aquinas’s philosophy matter plays a fundamental role in defining the identity and individuation of compounds. Consequently, Aquinas does not align himself with the theological tradition which, starting with Peter Lombard, excluded that matter assimilated through nutrition becomes part of that bodily nucleus which belongs to every human being from birth. For Aquinas, the moisture brought by food is instead inseparably linked to the (radical) moisture proper to every individual from birth, and as such it becomes part of the “truth of human nature” that will be restored at the time of the resurrection of the body. Certainly Thomas does not go so far as to affirm that “man is what he eats”, but he concedes without much hesitation that the matter of food is identical in potency to the one who eats it and that reciprocally our body is constantly modified by what it eats.Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
topic identité corporelle
matière
nourriture
Thomas d’Aquin
corporeal identity
food
matter
Thomas Aquinas
spellingShingle identité corporelle
matière
nourriture
Thomas d’Aquin
corporeal identity
food
matter
Thomas Aquinas
Zuccolin, Gabriella
Sommes-nous ce que nous mangeons ?
topic_facet identité corporelle
matière
nourriture
Thomas d’Aquin
corporeal identity
food
matter
Thomas Aquinas
description Thomas d’Aquin souligne avec force, au cours de sa production, le caractère purement passif du matériau et sa totale subordination à la forme. Cependant, pour Thomas, la matière joue un rôle fondamental dans la définition de l’identité et l’individuation des composés. Pour la même raison, Thomas ne s’aligne pas sur la tradition théologique qui, à partir de Pierre Lombard, excluait que la matière assimilée par l’alimentation fasse partie de ce noyau corporel qui appartient dès la naissance à tout être humain. Pour Thomas, en revanche, l’humidité apportée par la nourriture est indissociable de l’humidité (radicale) propre à chaque individu dès sa naissance, en tant que telle, elle fait donc partie de la « vérité de la nature humaine » qui sera rétablie au moment de la résurrection de la chair. Certes, Thomas ne va pas jusqu’à affirmer que « l’homme est ce qu’il mange », mais il concède sans trop d’hésitation que la matière de la nourriture est en puissance identique à celui qui s’en nourrit et que réciproquement notre corps est constamment modifié par ce dont il se nourrit.
author Zuccolin, Gabriella
author_facet Zuccolin, Gabriella
author_sort Zuccolin, Gabriella
title Sommes-nous ce que nous mangeons ?
title_short Sommes-nous ce que nous mangeons ?
title_full Sommes-nous ce que nous mangeons ?
title_fullStr Sommes-nous ce que nous mangeons ?
title_full_unstemmed Sommes-nous ce que nous mangeons ?
title_sort sommes-nous ce que nous mangeons ?
publishDate 2020
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2020-2-page-122?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/lp.402.0122
_version_ 1877246170960494592