Les rayons et les ombres. Enjeux d’une théorie de la lumière chez Lucrèce (IV, v. 324-386)
Le traitement de la lumière par la physique épicurienne prend une forme originale par rapport aux autres doctrines grecques. Lucrèce l’illustre parfaitement. S’il consacre bien une section du chant IV du De rerum natura à l’examen de certains phénomènes lumineux, à l’occasion de sa présentation de l...
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| Ngôn ngữ: | Français |
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2025
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cairn-LEPH_253_0013LEPHLes Études philosophiques https://shs.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2025-3-page-13?lang=fr https://doi.org/10.3917/leph.253.0013 Les rayons et les ombres. Enjeux d’une théorie de la lumière chez Lucrèce (IV, v. 324-386) Dumont, Samuel2025 fre Les Études philosophiques | 154 | 3 | 2025-12-19 | p. 13-31 | 0014-2166 LEPH_25335 Le traitement de la lumière par la physique épicurienne prend une forme originale par rapport aux autres doctrines grecques. Lucrèce l’illustre parfaitement. S’il consacre bien une section du chant IV du De rerum natura à l’examen de certains phénomènes lumineux, à l’occasion de sa présentation de la théorie épicurienne de la sensation, il travaille également à réduire l’importance et la singularité de la lumière, malgré le rôle esthétique et poétique qu’elle joue par ailleurs dans le poème. On ne trouve pas de théorie autonome de la lumière, qui subit une forme d’abaissement théorique : celle-ci ne constitue plus une réalité particulière, condition de possibilité d’un certain type de perception comme elle peut l’être chez Aristote où elle permet l’actualisation du diaphane, mais elle ne devient qu’un cas parmi tous les phénomènes régis par la mécanique matérialiste des simulacres. Ce faisant, l’optique se mue en physiologie. Les canaux oculaires, bouchés par l’obscurité et inaccessibles aux simulacres, sont dégagés par les atomes de lumière. Nous nous proposons d’analyser ici les modalités et les enjeux de cette réduction de la lumière au modèle général et unifié de la sensation ainsi que la façon dont Lucrèce la prolonge jusqu’aux problèmes de l’obscurité et de l’ombre.The way light is approached by Epicurean physics appears to be original compared to other Greek philosophies. Lucretius is the perfect example. Not only does he dedicate a part of the De Rerum Natura’s fourth book to a thorough analysis of a few light phenomena, while introducing the Epicurean theory of sensation, but he tries also hard to decrease the significance and singularity of the light, despite its poetic and aesthetic roles in the poem. There is no trace of an independent theory of light, which is going through a sort of theoretical lowering: it isn’t anymore a singular reality, making a certain type of perception possible as seen in Aristotle, where it enables an actualization of the diaphanes, but it becomes a case among all the phenomena ruled by the materialist mechanism of simulacra. By doing so, optics turns into physiology. Optical ducts, obstructed by darkness and out of reach of simulacra, are cleared by light atoms. I will analyze here how Epicurean though integrates light into a general and unified theory of sensation. In addition to this, I will examine the way Lucretius extends this theory to issues related to shadow and darkness.Cairn restricted access |
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Le traitement de la lumière par la physique épicurienne prend une forme originale par rapport aux autres doctrines grecques. Lucrèce l’illustre parfaitement. S’il consacre bien une section du chant IV du De rerum natura à l’examen de certains phénomènes lumineux, à l’occasion de sa présentation de la théorie épicurienne de la sensation, il travaille également à réduire l’importance et la singularité de la lumière, malgré le rôle esthétique et poétique qu’elle joue par ailleurs dans le poème. On ne trouve pas de théorie autonome de la lumière, qui subit une forme d’abaissement théorique : celle-ci ne constitue plus une réalité particulière, condition de possibilité d’un certain type de perception comme elle peut l’être chez Aristote où elle permet l’actualisation du diaphane, mais elle ne devient qu’un cas parmi tous les phénomènes régis par la mécanique matérialiste des simulacres. Ce faisant, l’optique se mue en physiologie. Les canaux oculaires, bouchés par l’obscurité et inaccessibles aux simulacres, sont dégagés par les atomes de lumière. Nous nous proposons d’analyser ici les modalités et les enjeux de cette réduction de la lumière au modèle général et unifié de la sensation ainsi que la façon dont Lucrèce la prolonge jusqu’aux problèmes de l’obscurité et de l’ombre. |
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