Harkis : entre mémoire et oubli

Confrontés fin 1954 à une nouvelle insurrection en Algérie, les pouvoirs publics constituent prudemment des formations supplétives sous statut civil pour les « opérations de maintien de l’ordre », craignant de voir les armes qui leur sont confiées passer à l’ennemi. C’est lorsqu’il apparaît qu’une v...

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Κύριος συγγραφέας: Médard, Frédéric
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: 2017
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-INFLE_034_0129INFLEInflexions https://shs.cairn.info/revue-inflexions-2017-1-page-129?lang=fr https://doi.org/10.3917/infle.034.0129 Harkis : entre mémoire et oubli Médard, Frédéric2017 fre Inflexions | 34 | 1 | 2017-01-02 | p. 129-141 | 1772-3760 INFLE_0345 Confrontés fin 1954 à une nouvelle insurrection en Algérie, les pouvoirs publics constituent prudemment des formations supplétives sous statut civil pour les « opérations de maintien de l’ordre », craignant de voir les armes qui leur sont confiées passer à l’ennemi. C’est lorsqu’il apparaît qu’une victoire ne peut être acquise sans l’adhésion de la population musulmane que le commandement accepte l’accroissement de leurs effectifs, en veillant toutefois à ne pas constituer une sorte d’armée « communautaire » aux côtés des forces de souveraineté. Jusqu’au cessez-le-feu, près de cent soixante-dix mille musulmans servent la France comme supplétifs. Par les accords signés avec le fln, Paris souhaite que ces hommes trouvent leur place dans l’Algérie indépendante. Mais des massacres s’ensuivent, ceux que l’histoire appelle désormais les harkis sont évacués en hâte vers la métropole, où ils sont laissés dans le plus grand dénuement et occultés de la mémoire nationale. Ce n’est qu’en 2003 que la France consent enfin à assumer cette page douloureuse de son histoire, en honorant leur souvenir.Faced in late 1954 with another insurrection in Algeria, the authorities cautiously formed back-up forces with civilian status to “maintain law and order”, fearing that their weapons might pass to the enemy. Only once it became clear that victory could not be achieved without the support of the Muslim population did those in command accept that their manpower should be increased, while taking care not to form a sort of “community” army alongside “sovereign” forces. Up until the ceasefire, nearly one hundred and seventy thousand Muslims served France as back-up troops. In the accords signed with the FLN (national liberation front), Paris wanted these men to have their place in independent Algeria but as a result of the massacres that followed the men henceforth known in history as the Harkis were hastily evacuated to metropolitan France, where they were left in utter destitution and obliterated from the national memory. Not until 2003 did France finally face up to this painful part of its history by honouring their memory.Cairn free access
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description Confrontés fin 1954 à une nouvelle insurrection en Algérie, les pouvoirs publics constituent prudemment des formations supplétives sous statut civil pour les « opérations de maintien de l’ordre », craignant de voir les armes qui leur sont confiées passer à l’ennemi. C’est lorsqu’il apparaît qu’une victoire ne peut être acquise sans l’adhésion de la population musulmane que le commandement accepte l’accroissement de leurs effectifs, en veillant toutefois à ne pas constituer une sorte d’armée « communautaire » aux côtés des forces de souveraineté. Jusqu’au cessez-le-feu, près de cent soixante-dix mille musulmans servent la France comme supplétifs. Par les accords signés avec le fln, Paris souhaite que ces hommes trouvent leur place dans l’Algérie indépendante. Mais des massacres s’ensuivent, ceux que l’histoire appelle désormais les harkis sont évacués en hâte vers la métropole, où ils sont laissés dans le plus grand dénuement et occultés de la mémoire nationale. Ce n’est qu’en 2003 que la France consent enfin à assumer cette page douloureuse de son histoire, en honorant leur souvenir.
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