Y a-t-il un art de vieillir ?
« Il est si difficile de bien vieillir », écrivait Gide. Entre difficulté du renoncement et sagesse de l’acceptation, quatre écrivains témoignent à leur manière de la dure et parfois riche expérience de la vieillesse. Chez Albert Cohen, la persistance des passions et des convictions est à la mes...
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2003
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| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-GS_106_0013 |
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cairn-GS_106_0013GSGérontologie et société https://shs.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe1-2003-3-page-13?lang=fr https://doi.org/10.3917/gs.106.0013 Y a-t-il un art de vieillir ? Barbéris, Dominique2003 fre Gérontologie et société | 26 / 106 | 3 | 2003-09-01 | p. 13-22 | 0151-0193 GS_10616 « Il est si difficile de bien vieillir », écrivait Gide. Entre difficulté du renoncement et sagesse de l’acceptation, quatre écrivains témoignent à leur manière de la dure et parfois riche expérience de la vieillesse. Chez Albert Cohen, la persistance des passions et des convictions est à la mesure de l’angoisse devant l’inconnu de la mort qu’il imagine et interroge. Dans la Vie de Rancé, son dernier ouvrage, Chateaubriand prend le prétexte de la biographie pour parler de sa propre vieillesse qu’il vit comme un renoncement douloureux, comparable à l’effrayant renoncement du Trappiste qu’est devenu, après une jeunesse flamboyante et mondaine, Armand Jean le Bouthillier de Rancé. Jean d’Ormesson refuse l’apitoiement. Il choisit d’accepter la vieillesse avec gratitude comme il a accepté les bonheurs d’une vie riche et légère. Quant à John Cowper Powys, dans un petit traité optimiste et spirituel, il invite ses contemporains à s’accommoder de l’inévitable et à exploiter les ressources méconnues d’un âge qui peut être celui de la connaissance, plutôt que celui de la défaite. IS THERE AN ART OF AGEING? “It is so difficult to age well”, wrote Gide. Between the difficulties of renouncement and the wisdom of acceptance, four writers, in their own way, bear witness to the hard and sometimes rich experience of old age. For Albert Cohen persisting passions and convictions are equal to a feeling of anguish in the face of death, an unknown quantity, which he imagines and questions. In the “Vie de Rancé”, his last work, Chateaubriand uses biography as an excuse to talk about his own old age which he lives as a painful renouncement comparable to the frightening one of the Trappist Monk whom Armand Jean le Bouthillier de Rancé has become after a flamboyant and worldly youth. Jean d’Ormesson rejects pity. He chooses to accept old age gratefully as he has accepted the delights of a rich and easy life. As for John Cowper Powys, in a short, optimistic and witty narrative, he encourages his contemporaries to make do with unavoidable old age and to exploit the unrecognised resources of an age which could be that of knowledge rather than of defeat.Cairn free access |
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« Il est si difficile de bien vieillir », écrivait Gide.
Entre difficulté du renoncement et sagesse de l’acceptation, quatre écrivains
témoignent à leur manière de la dure et parfois riche expérience de la
vieillesse. Chez Albert Cohen, la persistance des passions et des convictions
est à la mesure de l’angoisse devant l’inconnu de la mort qu’il imagine et
interroge. Dans la Vie de Rancé, son dernier ouvrage, Chateaubriand prend le
prétexte de la biographie pour parler de sa propre vieillesse qu’il vit comme
un renoncement douloureux, comparable à l’effrayant renoncement du
Trappiste qu’est devenu, après une jeunesse flamboyante et mondaine,
Armand Jean le Bouthillier de Rancé. Jean d’Ormesson refuse l’apitoiement. Il
choisit d’accepter la vieillesse avec gratitude comme il a accepté les bonheurs
d’une vie riche et légère. Quant à John Cowper Powys, dans un petit traité
optimiste et spirituel, il invite ses contemporains à s’accommoder de
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