Il n’y a pas d’analyste lacanien

« Se dire lacanien » soulève la problématique d’une identification de désir, s’inscrivant elle-même dans celle de la sublimation de qui s’autorise analyste. Cette problématique concerne chacun de façon collective dans son rapport au texte de Lacan, qu’il soit analyste ou pas, et chacun de façon inti...

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Autor Principal: Porge, Érik
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2019
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-ESS_042_0019ESSEssaim https://shs.cairn.info/revue-essaim-2019-1-page-19?lang=fr https://doi.org/10.3917/ess.042.0019 Il n’y a pas d’analyste lacanien Porge, Érik2019 fre Essaim | 42 | 1 | 2019-03-04 | p. 19-28 | 1287-258X ESS_04253 « Se dire lacanien » soulève la problématique d’une identification de désir, s’inscrivant elle-même dans celle de la sublimation de qui s’autorise analyste. Cette problématique concerne chacun de façon collective dans son rapport au texte de Lacan, qu’il soit analyste ou pas, et chacun de façon intime dans son rapport à l’inconscient. Diverses difficultés peuvent survenir dans la résolution du problème : par rapport à diverses formes de honte et aussi dans la façon de poser le problème. En effet, le terme « lacanien », pour qui pratique l’analyse en référence au texte de Lacan, devient synonyme d’analyste et non attribut de celui-ci puisqu’il n’y a pas d’être de l’analyste.En outre, l’enseignement de Lacan ne constitue pas un tout dont on aurait fait le tour, et chacun se disant lacanien ne peut qu’être confronté à la question du pas-tout aux confins d’un tout possible, d’autant que nulle instance extérieure ne peut garantir la légitimité d’un label lacanien. Mais ne pas se dire lacanien quand sa pratique est orientée par le dire de Lacan, non seulement ne prouve rien mais, par les temps qui courent, constitue un renoncement à résister aux discours qui recouvrent la voix des psychanalystes.“To call oneself Lacanian” raises the problematic of an identification of desire which itself is inscribed in that of the sublimation of he who authorises himself as analyst. This problematic concerns everyone collectively in his relation to Lacan’s work, whether he is analyst or not, and everyone intimately in his relation to the unconscious. Various difficulties may arise in the resolution of the problem: as regards diverse forms of shame and also in the way the problem is posed. Indeed the term “Lacanian” for he who practises analysis with reference to Lacan’s work, becomes synonymous with the analyst and not an attribute of him, because there is no being of the analyst. Furthermore, Lacan’s teachings do not make up an all (tout) around which we have gone full circle and explored all options, and anyone who calls himself Lacanian must be faced with the question of the not-all (pas-tout) within the confines of a possible all, especially as no exterior instance can guarantee the legitimacy of a Lacanian label. But not to call oneself Lacanian when one’s practice refers to Lacan, not only proves nothing but, in these days, constitutes a renouncement to resist the discourse that covers the voices of psychoanalysts.Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
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description « Se dire lacanien » soulève la problématique d’une identification de désir, s’inscrivant elle-même dans celle de la sublimation de qui s’autorise analyste. Cette problématique concerne chacun de façon collective dans son rapport au texte de Lacan, qu’il soit analyste ou pas, et chacun de façon intime dans son rapport à l’inconscient. Diverses difficultés peuvent survenir dans la résolution du problème : par rapport à diverses formes de honte et aussi dans la façon de poser le problème. En effet, le terme « lacanien », pour qui pratique l’analyse en référence au texte de Lacan, devient synonyme d’analyste et non attribut de celui-ci puisqu’il n’y a pas d’être de l’analyste.En outre, l’enseignement de Lacan ne constitue pas un tout dont on aurait fait le tour, et chacun se disant lacanien ne peut qu’être confronté à la question du pas-tout aux confins d’un tout possible, d’autant que nulle instance extérieure ne peut garantir la légitimité d’un label lacanien. Mais ne pas se dire lacanien quand sa pratique est orientée par le dire de Lacan, non seulement ne prouve rien mais, par les temps qui courent, constitue un renoncement à résister aux discours qui recouvrent la voix des psychanalystes.
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