Des écrits comme « paroles réelles » chez Lacan et chez Vico

RésuméPourquoi Lacan a-t-il étudié aussi obstinément les différents types d’écriture ? Il partage de la sorte, bien que de façon implicite, la critique du phonocentrisme traditionnel que mène le philosophe Giambattista Vico dans la première moitié du xviiie siècle : non seulement les « paroles réel...

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Autore principale: Saint Girons, Baldine
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2012
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-ESS_028_0143
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language Français
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description RésuméPourquoi Lacan a-t-il étudié aussi obstinément les différents types d’écriture ? Il partage de la sorte, bien que de façon implicite, la critique du phonocentrisme traditionnel que mène le philosophe Giambattista Vico dans la première moitié du xviiie siècle : non seulement les « paroles réelles » ne sont pas exclusivement verbales, mais les paroles dites « muettes » l’ont emporté au commencement du monde sur les paroles verbales et elles continuent à manifester leur efficacité.Après avoir fait des mathématiques « le sanctuaire de la vérité », Vico fut de plus en plus sensible aux difficultés de les prendre pour seul et unique modèle de la vérité. Si la force des mathématiques provient, certes, de leur autonomie opérative, ce qu’elles gagnent en autonomie et en autoréférentialité, elles le perdent en réalité : « Le point, si on le figure, n’est plus un point, et l’unité qu’on multiplie n’est plus une unité. » Il y a donc danger à supposer les mathématiques homogènes à la nature ; et le succès de la raison, à son plus haut développement, doit susciter la méfiance, car elle perd nécessairement de vue le monde dont elle s’abstrait.Vico avait posé en 1710 la convertibilité du verum et du factum ; mais le factum lui parut sans doute ensuite trop équivoque. Toujours est-il qu’il ne l’évoqua plus dans la Scienza nuova : unir le verum à autre chose que lui, tel est le problème, mais comment désigner cette autre chose ? Vico l’appela le certain, certum. Avérer suppose une opération première qui consiste à « certifier », à assurer par une série d’opérations très précises que Vico réunit sous le commun dénominateur de la « philologie ».C’est par le double biais du certum et du verum que l’écrit prend un rôle essentiel comme lettre à la fois volante et volée, poursuivant d’elle-même sa trajectoire et détournée (purloined). La lettre ne se caractérise finalement pas par la « mutité » : c’est une « parole réelle », qui ne relève pas seulement de la communication, mais du transfert.
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