Le Bâtiment 7 à Montréal, un commun urbain contre la gentrification ?

Cet article s’intéresse au phénomène des « communs urbains », des initiatives de mise en commun et de gestion collective d’espaces dans la ville. Nous explorons l’ambivalence que ce type de projet rencontre quant à la réalisation de l’idéal du droit à la ville, une notion proposée par Henri Lefebvre...

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Dades bibliogràfiques
Autors principals: Carrere, Pierre, Bélanger, Hélène
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2024
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Le Bâtiment 7 à Montréal, un commun urbain contre la gentrification ?
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description Cet article s’intéresse au phénomène des « communs urbains », des initiatives de mise en commun et de gestion collective d’espaces dans la ville. Nous explorons l’ambivalence que ce type de projet rencontre quant à la réalisation de l’idéal du droit à la ville, une notion proposée par Henri Lefebvre en 1968 impliquant l’existence de lieux hétérotopiques dans lesquels la pratique de l’autogestion concourrait à la transformation de la société urbaine capitaliste. Si les communs urbains naissent généralement à partir d’une lutte contre le phénomène de gentrification, une forme d’enclosure symbolique entraînerait leur participation indirecte à ce phénomène. Afin d’explorer cette relation ambivalente, nous proposons l’étude d’un cas particulier, le Bâtiment 7, situé dans le quartier de Pointe-Saint-Charles à Montréal. Ce projet citoyen d’autogestion et de résistance à la gentrification est né de la récupération citoyenne d’un ancien bâtiment industriel. La méthodologie qualitative employée a reposé sur les trois outils suivants : l’observation participante sur une durée de neuf mois au sein du projet, la tenue de quatre entretiens ethnographiques et l’analyse documentaire. Cette recherche a permis de mettre en lumière la façon dont cette ambivalence se manifeste et comment les membres d’un tel projet y font face. Si la question de la viabilité financière semble affecter l’accessibilité souhaitée et que ce bâtiment participe à la valorisation du quartier, ce projet demeure un lieu de politisation contre la gentrification et l’engagement quotidien de ses membres ne recule pas pour autant.
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Si les communs urbains naissent généralement à partir d’une lutte contre le phénomène de gentrification, une forme d’enclosure symbolique entraînerait leur participation indirecte à ce phénomène. Afin d’explorer cette relation ambivalente, nous proposons l’étude d’un cas particulier, le Bâtiment 7, situé dans le quartier de Pointe-Saint-Charles à Montréal. Ce projet citoyen d’autogestion et de résistance à la gentrification est né de la récupération citoyenne d’un ancien bâtiment industriel. La méthodologie qualitative employée a reposé sur les trois outils suivants : l’observation participante sur une durée de neuf mois au sein du projet, la tenue de quatre entretiens ethnographiques et l’analyse documentaire. Cette recherche a permis de mettre en lumière la façon dont cette ambivalence se manifeste et comment les membres d’un tel projet y font face. Si la question de la viabilité financière semble affecter l’accessibilité souhaitée et que ce bâtiment participe à la valorisation du quartier, ce projet demeure un lieu de politisation contre la gentrification et l’engagement quotidien de ses membres ne recule pas pour autant.This article examines the phenomenon of urban commons, initiatives for the collective sharing and management of spaces in the city. We explore the ambivalence that this type of project elicits in its attempt to realise the ideal of the right to the city, a notion proposed by Henri Lefebvre in 1968 to refer to the existence of heterotopic places where the practice of self-management would contribute to the transformation of capitalist urban society. While urban commons are generally born out resistance to the phenomenon of gentrification, surrounding them with a form of symbolic enclosure indirectly makes them participants in this phenomenon. In order to explore this ambivalent tension, we propose the study of a particular case, Bâtiment 7, a citizen’s project of self-management and resistance to gentrification, which was emerged from the reappropriation of a former industrial building in the Pointe-Saint-Charles district of Montreal. The qualitative study employed the following three methodological tools: participant observation over a period of nine months within the project, four ethnographic interviews, and documentary analysis. This research shed light on how this ambivalence is manifested and how it is handled by the project members. While the issue of financial viability seems to affect the hoped-for accessibility and while this place does contribute to the improvement of the neighbourhood, the project nevertheless remains a site of politicisation in opposition to gentrification and the daily commitment of its members seems to remain undimmed.Este artículo se centra en el fenómeno de los “comunes urbanos”, iniciativas para compartir y gestionar colectivamente los espacios de la ciudad. Exploramos la ambivalencia que este tipo de proyecto encuentra con respecto a la realización del ideal del derecho a la ciudad, una noción propuesta por Henri Lefebvre en 1968 que implica la existencia de lugares heterotópicos en los que la práctica de la autogestión contribuiría a la transformación de la sociedad urbana capitalista. Si los comunes urbanos surgen generalmente de una lucha contra el fenómeno de la gentrificación, una forma de cercamiento simbólico provocaría su participación indirecta en este fenómeno. Para explorar esta relación ambivalente, proponemos el estudio de un caso particular, el Bâtiment 7, un proyecto ciudadano de autogestión y resistencia a la gentrificación, surgido de la recuperación de un antiguo edificio industrial en el barrio de Pointe-Saint-Charles de Montreal. La metodología cualitativa utilizada se basó en las tres herramientas siguientes: observación participante durante un periodo de nueve meses dentro del proyecto, cuatro entrevistas etnográficas y análisis documental. Esta investigación arroja luz sobre cómo se manifiesta esta ambivalencia y cómo la afrontan los miembros de dicho proyecto. Aunque la cuestión de la viabilidad financiera parece afectar a la accesibilidad deseada y este lugar participa en la valorización del barrio, este proyecto sigue siendo un lugar de politización contra la gentrificación y el compromiso cotidiano de sus miembros no retrocede por ello.Cairn free access