Pourquoi la métaphysique ?
Miguel de Cervantès a ouvert le dossier des rapports de « la vérité » avec le « réel », appliquant à cette question toute sa puissance visionnaire. Dans au moins deux de ses œuvres, il compose une approche très originale de ce questionnement : Le Retable des Merveilles, joué longtemps avant sa date...
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2024
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cairn-EPH_742_0021EPHL’Enseignement philosophique https://shs.cairn.info/revue-l-enseignement-philosophique-2024-2-page-21?lang=fr https://doi.org/10.3917/eph.742.0021 Pourquoi la métaphysique ? Jolibert, Bernard2024 fre L’Enseignement philosophique | 74e aée | 2 | 2024-06-24 | p. 21-33 | 0986-1653 EPH_74243 Miguel de Cervantès a ouvert le dossier des rapports de « la vérité » avec le « réel », appliquant à cette question toute sa puissance visionnaire. Dans au moins deux de ses œuvres, il compose une approche très originale de ce questionnement : Le Retable des Merveilles, joué longtemps avant sa date de publication en 1615, et le fameux Don Quichotte. Le réel est-il « vrai » ou répond-il d’une construction mentale confinant à la folie ? Le Retable, par la mise en scène hallucinatoire de la pseudo-réalité suggérée, dénonce l’emprise du pouvoir politique sur l’imaginaire collectif, soumis à la domestication qu’impose le Saint-Office, tandis que le Quichotte, irrémédiablement placé sous la direction de la « doctrine dulcinéenne », brave l’oppression du système inquisitorial en créant sa propre épistémologie fondée sur un « code ». En matière de vérité, comme le dit le Chevalier de Lions, ne s’agit-il pas de « peser la chose et la mettre à son vrai point » ? Aussi, dans ces deux œuvres, le lecteur est-il constamment invité à transcender toute lecture littéraliste, à surplomber la quiétude des banalisations indéfiniment répétées, pour découvrir ce qui constitue l’épistémologie quichottienne, libératrice du sens. Et si ce « point de vérité » se trouvait précisément dans le nom du Quichotte, audible en une langue bannie de la Péninsule en 1492 dont l’auteur semble être un fin connaisseur ? L’histoire du Quichotte devient alors l’histoire de la vérité en mouvement, accompagnée de la grâce tutélaire de Dulcinée, que le lecteur est appelé à suivre, peut-être même à rattraper, pour mieux comprendre combien le réel se code selon une haute folie que le rationalisme ne rejoint pas.Cairn restricted access |
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Miguel de Cervantès a ouvert le dossier des rapports de « la vérité » avec le « réel », appliquant à cette question toute sa puissance visionnaire. Dans au moins deux de ses œuvres, il compose une approche très originale de ce questionnement : Le Retable des Merveilles, joué longtemps avant sa date de publication en 1615, et le fameux Don Quichotte.
Le réel est-il « vrai » ou répond-il d’une construction mentale confinant à la folie ? Le Retable, par la mise en scène hallucinatoire de la pseudo-réalité suggérée, dénonce l’emprise du pouvoir politique sur l’imaginaire collectif, soumis à la domestication qu’impose le Saint-Office, tandis que le Quichotte, irrémédiablement placé sous la direction de la « doctrine dulcinéenne », brave l’oppression du système inquisitorial en créant sa propre épistémologie fondée sur un « code ». En matière de vérité, comme le dit le Chevalier de Lions, ne s’agit-il pas de « peser la chose et la mettre à son vrai point » ? Aussi, dans ces deux œuvres, le lecteur est-il constamment invité à transcender toute lecture littéraliste, à surplomber la quiétude des banalisations indéfiniment répétées, pour découvrir ce qui constitue l’épistémologie quichottienne, libératrice du sens. Et si ce « point de vérité » se trouvait précisément dans le nom du Quichotte, audible en une langue bannie de la Péninsule en 1492 dont l’auteur semble être un fin connaisseur ? L’histoire du Quichotte devient alors l’histoire de la vérité en mouvement, accompagnée de la grâce tutélaire de Dulcinée, que le lecteur est appelé à suivre, peut-être même à rattraper, pour mieux comprendre combien le réel se code selon une haute folie que le rationalisme ne rejoint pas. |
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