Le mensonge chez l’enfant

Le mensonge est ordinaire, intrinsèque au développement. Il répond aux logiques anales et participe à la construction d’un espace subjectif propre. Il protège par ailleurs le lien. Les logiques du mensonge sont du même ordre que celles qui caractérisent la tendance antisociale chez les enfants qui...

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Main Author: Ciccone, Albert
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2024
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Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-CPC_062_0015CPCCahiers de psychologie clinique https://shs.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2024-1-page-15?lang=fr https://doi.org/10.3917/cpc.062.0015 Le mensonge chez l’enfant Ciccone, Albert2024 analitéintimitémensongesecretsolitudetendance antisocialeanalityantisocial tendencyintimacylyingsecrecysolitudefre Cahiers de psychologie clinique | 62 | 1 | 2024-01-09 | p. 15-32 | 1370-074X CPC_06255 Le mensonge est ordinaire, intrinsèque au développement. Il répond aux logiques anales et participe à la construction d’un espace subjectif propre. Il protège par ailleurs le lien. Les logiques du mensonge sont du même ordre que celles qui caractérisent la tendance antisociale chez les enfants qui « poussent à bout ». Le mensonge entretient des rapports mutuels avec l’intime et le secret. Il protège l’intimité du sujet et permet à l’enfant d’expérimenter qu’il peut produire de la pensée dans l’intimité de son être. L’intimité dans le monde interne, avec des objets internes fiables et sécures, qui permet de tolérer la solitude, se construit sur fond de mensonge, de droit au secret, mais aussi sur fond d’intimité partagée. Le mensonge est nécessaire pour fabriquer un espace intime, secret et secourable, pour développer la capacité à vivre et tolérer la solitude. Le mensonge qui perdure est une manière d’échapper au sentiment de ne pas être aimé, à la honte et l’humiliation, d’échapper de fait à une solitude absolue. Les secrets comme les mensonges se révèlent, se transmettent, en partie, à l’insu de ceux qui en sont porteurs. Lying is ordinary; it is intrinsic to development. It responds to the anal logics and participates in the construction of one’s own subjective space. Furthermore, it helps to protect bonds. The logics of lying are of the same order as those that define antisocial tendency in children who "push the limits." Lying has mutual links with intimacy and secrecy. It protects the intimacy of the subject and allows the child to have his own experience of producing thoughts in the intimacy of his being. Intimacy in the internal world, with reliable and secure internal objects, which allows solitude to be tolerated, is built on a base of lying, of a right to secrecy, but also on a base of shared intimacy. Lying is necessary to construct an intimate space, secret and helpful, to develop the capacity to live and tolerate solitude. Lying that lasts is a way of escaping from the feeling of not being loved, from shame and humiliation. It is a way of escaping from an absolute solitude. Secrets, like lies, reveal themselves and are transmitted, in part, without the knowledge of those who carry them. Cairn restricted access
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