La « forteresse FEN » vue du ministère de l'Éducation nationale, un colosse aux pieds d'argile

En 1988-1989 ont eu lieu des négociations sur la « revalorisation de la fonction enseignante » qui ont permis aux syndicats enseignants d’obtenir du ministère Jospin des avancées conséquentes en termes de salaires et de statuts. Ces négociations permettent d’étudier la principale fédération de syndi...

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Autor principal: Aebischer, Sylvie
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2012
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-CDLE_033_0013CDLECarrefours de l'éducation https://shs.cairn.info/revue-carrefours-de-l-education-2012-1-page-13?lang=fr https://doi.org/10.3917/cdle.033.0013 La « forteresse FEN » vue du ministère de l'Éducation nationale, un colosse aux pieds d'argile Aebischer, Sylvie2012 fre Carrefours de l'éducation | 33 | 1 | 2012-06-26 | p. 13-26 | 1262-3490 CDLE_03374 En 1988-1989 ont eu lieu des négociations sur la « revalorisation de la fonction enseignante » qui ont permis aux syndicats enseignants d’obtenir du ministère Jospin des avancées conséquentes en termes de salaires et de statuts. Ces négociations permettent d’étudier la principale fédération de syndicats enseignants de l’époque, la Fédération de l’Éducation Nationale (FEN), juste avant sa scission, et d’interroger plus précisément ses relations avec le ministère de l’Éducation nationale, souvent qualifiées de « cogestion ». La FEN apparaît bien comme un interlocuteur incontournable pour le ministre et son entourage qui lui prêtent une forte capacité de mobilisation des enseignants, même s’ils marquent leur distance vis-à-vis de ce qu’ils considèrent comme un syndicalisme de service aux frontières du corporatisme. Mais cet épisode révèle aussi une fédération fragilisée par ses tensions internes, notamment entre les courants Unité Indépendance et Démocratie (UID) et Unité et Action (UA), tensions que le ministère utilise aussi pour négocier a minima la « revalorisation » en opposant systématiquement premier contre second degré. “Fortress FEN” (the French federation of teachers unions) as seen by the Ministry of Education : An idol with feet of clay In 1988-89, negotiations on “revalorising the teaching profession” between Jospin’s ministry of Education and the teachers’unions led to considerable progress in terms of salaries and professional statuses. Studying these negotiations allows us to better understand the workings of the main federation of teachers’ unions at the time, the FEN, just before its scission, and to have a better look at its relationship with the ministry of Education, a relationship often described as one of “joint management”. The FEN indeed comes out as an unavoidable partner for the Minister and his advisers, who acknowledge its capacity to mobilize its members even as they distance themselves from its systematic defence of its members special interests, which they see as verging on corporatism. But this episode also reveals a federation weakened by its internal tensions, especially between Unité Indépendance et Démocratie (UID) (Unity, Independence and Democracy) and Unité et Action (UA) (Unity and Action), tensions which the ministry also exploited in order to negotiate revalorisations a minima by systematically pitting the primary school sector against the secondary school sector.Cairn free access
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description En 1988-1989 ont eu lieu des négociations sur la « revalorisation de la fonction enseignante » qui ont permis aux syndicats enseignants d’obtenir du ministère Jospin des avancées conséquentes en termes de salaires et de statuts. Ces négociations permettent d’étudier la principale fédération de syndicats enseignants de l’époque, la Fédération de l’Éducation Nationale (FEN), juste avant sa scission, et d’interroger plus précisément ses relations avec le ministère de l’Éducation nationale, souvent qualifiées de « cogestion ». La FEN apparaît bien comme un interlocuteur incontournable pour le ministre et son entourage qui lui prêtent une forte capacité de mobilisation des enseignants, même s’ils marquent leur distance vis-à-vis de ce qu’ils considèrent comme un syndicalisme de service aux frontières du corporatisme. Mais cet épisode révèle aussi une fédération fragilisée par ses tensions internes, notamment entre les courants Unité Indépendance et Démocratie (UID) et Unité et Action (UA), tensions que le ministère utilise aussi pour négocier a minima la « revalorisation » en opposant systématiquement premier contre second degré.
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