L' air cicatrise vite

Le monde est peuplé d'ombres, les nôtres pour la plupart. Nous le traversons, nous déchirant dans l'air qui se referme si vite derrière nous. Gestes, respirations, mots, notre existence est une succession de disparitions. Ce que nous formulons est immédiatement effacé, et même les visages...

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Détails bibliographiques
Auteur principal: Giovannoni, Jean-Louis, 1950-...., poète
Format: Livre papier
Langue:Français
Publié: Paris : Impr. Atelier Vincent Auger DL 2019.
Nice : Editions Unes
Sujets:
Autres localisations: Voir dans le Sudoc
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520 |a Le monde est peuplé d'ombres, les nôtres pour la plupart. Nous le traversons, nous déchirant dans l'air qui se referme si vite derrière nous. Gestes, respirations, mots, notre existence est une succession de disparitions. Ce que nous formulons est immédiatement effacé, et même les visages disparaissent sur les photographies. Incapables de rien retenir, nous n'avons d'appui sur rien, coincés dans ce corps qui est à la fois notre limite physique et cet espace où bascule la perte à l'infini. "L'air cicatrise vite" est un livre fantomatique, Jean-Louis Giovannoni est allé en chercher la trace dans ses carnets inexploités, écrits entre 1975 et 1985. On y retrouve les obsessions fragmentées présentes dans "Garder le mort" (1975), "Les mots sont des vêtements endormis" (1983), ou "Ce lieu que les pierres regardent" (1984) ; mais ici hissées à un point de transparence inédit. Il s'agit de trouver un lieu, un espace respirable. Le monde est plein de son plein, s'engouffre partout, dans nos vides, nos insuffisances, et tout est invisible et nous hante, jusqu'au silence. On voudrait tendre les bras, les autres sont toujours dehors, toujours trop loin, et même les objets sont des absences, même les objets rêvent à notre place. On cherche à tenir bon, contre les murs, contre la multitude évanouie qui s'agite en nous, nous repousse et nous contient, sans identité ; au bord de notre bord. Et pourtant nous ne disparaissons pas dans cette fluidité qui nous échappe, les mots nous retiennent. Il reste notre présence dans l'air malgré les disparitions successives de nos agitations de vivre ; seule la perte laisse des traces. 
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