Proust du côté juif

Il n'y a plus personne, pas même moi, puisque je ne peux me lever, qui aille visiter, le long de la rue du Repos, le petit cimetière juif où mon grand-père, suivant le rite qu'il n'avait jamais compris, allait tous les ans poser un caillou sur la tombe de ses parents. Tout le monde ci...

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Λεπτομέρειες βιβλιογραφικής εγγραφής
Κύριος συγγραφέας: Compagnon, Antoine, 1950-...., professeur de lettres françaises
Μορφή: Livre papier
Γλώσσα:Français
Έκδοση: [Paris] : Gallimard DL 2022.
Σειρά:Bibliothèque illustrée des histoires
Θέματα:
Autres localisations: Voir dans le Sudoc
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300 |a 1 volume (424 pages-[1] f. de front.) :  |b illustrations en noir et en couleurs, portrait, fac-similés ;  |c 23 cm. 
490 1 |a Bibliothèque illustrée des histoires 
504 |a Bibliographie pages [389]-403. Notes bibliographiques. Index 
520 |a Il n'y a plus personne, pas même moi, puisque je ne peux me lever, qui aille visiter, le long de la rue du Repos, le petit cimetière juif où mon grand-père, suivant le rite qu'il n'avait jamais compris, allait tous les ans poser un caillou sur la tombe de ses parents. Tout le monde cite cette phrase de Proust, comme si elle donnait le fin mot de son rapport au judaïsme. Mais personne ne sait d'où elle vient. Madame Proust, née Jeanne Weil, ne s'était pas convertie : Si je suis catholique comme mon père et mon frère, par contre, ma mère est juive , rappelait Proust à Robert de Montesquiou durant l'affaire Dreyfus. Certains voient dans cet aveu de la distance, voire de la honte de soi comme Juif, de même qu'ils soupçonnent d'antisémitisme les descriptions de Swann, Bloch ou Rachel dans la "Recherche". Or il parut d'abord en anglais dans un hebdomadaire sioniste, "The Jewish Chronicle", dans un hommage d'André Spire après la mort de Proust. D'où une enquête de deux côtés. D'une part dans la communauté juive. Comment Proust fut-il lu durant les années 1920 et 1930, dans la presse consistoriale, qui n'avait que faire de son roman, et par les jeunes sionistes, qui firent de lui un héros de la Renaissance juive ? D'autre part au Père-Lachaise, dans le caveau de Baruch Weil, l'arrière-grand-père de Proust, et auprès de sa descendance, dont Nathé Weil, le grand-père de Proust, et de nombreux oncles et tantes, cousins et cousines inconnus, huissier franc-maçon, colons en Algérie, ingénieur bibliophile, compositeur fou... Les deux fils se nouent et les côtés se rencontrent. Le destinataire de la fameuse phrase était Daniel Halévy, camarade du lycée Condorcet, et le manuscrit de la nécrologie d'André Spire est retrouvé. Le côté juif de Proust n'aurait-il plus de secret ? A.C. Antoine Compagnon, professeur émérite au Collège de France, a publié aux Éditions Gallimard "Les antimodernes, de Joseph de Maistre à Roland Barthes" (2005), "Le cas Bernard Faÿ" (2009), "La classe de rhéto" (2012), "L'Âge des lettres" (2015), "Les Chifonniers de Paris" (2017). 
600 |a Proust, Marcel,  |d 1871-1922  |x Judaïsme 
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