La pensée du roman

Le roman, dès son apparition, ouvre dans l'histoire de l'humanité un nouvel espace : le premier, il pose l'univers comme une totalité qui transcende la multiplicité des communautés humaines. Depuis lors, il n'a cessé de se débattre avec ses présupposés. Longtemps, l'idée y a...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Pavel, Thomas G., 1941-
Formato: Livre papier
Idioma:Français
Publicado em: [Paris] : Gallimard DL 2014.
Edição:Nouvelle édition revue et refondue.
Colecção:Folio. Essais 597
Assuntos:
Nota: Autre(s) tirage(s) : 2018
Autres localisations: Voir dans le Sudoc
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504 |a Bibliographie p. [590]-597. Notes bibliographiques. Index 
505 0 |a LA TRANSCENDANCE DE L'IDEAL. Ames fortes, degrés de perfection. Ames sans défense, filous, canailles. Au coeur de l'action : le récit élégiaque et la nouvelle. L'ENCHANTEMENT DE L'INTERIORITE. Le nouvel idéalisme. La résistant au nouvel idéalisme. L'amour : romantique et impossible. LES RACINES DE LA GRANDEUR. Roman et société. L'héritage du scepticisme moral. Synthèses. L'ART DU DETACHEMENT. Liens abolis, univers insondables 
520 |a Le roman, dès son apparition, ouvre dans l'histoire de l'humanité un nouvel espace : le premier, il pose l'univers comme une totalité qui transcende la multiplicité des communautés humaines. Depuis lors, il n'a cessé de se débattre avec ses présupposés. Longtemps, l'idée y a primé sur les données empiriques représentées : roman hellénistique, récit de chevalerie ou pastorale mettent en scène des héros admirables, qui défendent la norme morale dans un monde livré au désordre, alors que le roman picaresque, le récit élégiaque et la nouvelle dévoilent l'irrémédiable imperfection des êtres humains. La première grande inflexion s'opère aux XVIIIe et XIXe siècles : à la confluence des anciennes espèces narratives, le roman s'évertue désormais à associer, sous le signe de la vraisemblance, la vision idéalisatrice et l'observation de l'imperfection humaine, en sorte que l'homme se définit moins par rapport à la norme morale qu'à son milieu d'origine. A la suprématie du concept succèdent l'observation scrupuleuse du monde matériel et social et l'examen empathique de la conscience individuelle. Puis, au XXe siècle, la révolte moderniste proclame la rupture inédite entre la réalité, qui échappe à toute maîtrise, et l'individu, libéré des soucis normatifs et défini comme le sujet d'une activité sensorielle et linguistique irrépressible. Cette évolution assure au roman une nouvelle flexibilité formelle, sans pour autant changer l'objet séculaire de son intérêt : l'individu saisi dans sa difficulté d'habiter le monde. 
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